La deuxième séance d’essais libres du Grand Prix de Las Vegas a offert un mélange d’espoirs et d’incertitudes pour les équipes. Sur un tracé urbain toujours délicat, Lando Norris a signé le meilleur temps en FP2 avec un tour en 1:33.602, mais la séance a été marquée par plusieurs interruptions et un souci mécanique pour l’un des favoris.
Le week-end de Las Vegas se déroule dans un contexte de championnat tendu : Norris arrive en tête du classement pilotes avec 24 points d’avance sur son coéquipier Oscar Piastri, tandis que Max Verstappen pointe à 49 points du leader. Les interruptions de séance et les conditions de piste laissent planer des questions sur la préparation à la qualification et la stratégie pour la course.
FP2 : Norris en haut de la feuille
Dans une séance raccourcie et ponctuée de drapeaux rouges, Lando Norris a tout de même réussi à imposer sa McLaren en tête du classement avec un temps de 1:33.602. Ce chrono, réalisé sur pneus tendres, lui a permis de devancer d’extrême justesse Kimi Antonelli (Mercedes) de 0,029 seconde.
Charles Leclerc figure en troisième position à +0,161, mais son meilleur temps en FP2 avait été signé sur pneus medium avant qu’un problème mécanique ne mette fin à sa session. Nico Hülkenberg (Sauber) et Isack Hadjar (Racing Bulls) complètent le top 5, tous dans un mouchoir de poche.
Le tableau de FP2 montre que les écarts sont faibles au sommet, mais que les interruptions ont faussé les simulations de qualification pour plusieurs écuries. Les chronos complets et les autres temps sont disponibles dans les relevés officiels de la séance.
Incidents et drapeaux rouges : un couvercle mobile en cause
La séance FP2 a été interrompue à deux reprises après que des pilotes et la direction de course aient signalé un couvercle de regard suspecté comme mobile avant le virage 17. Par précaution, la FIA a déployé le drapeau rouge et envoyé du personnel pour inspecter la zone.
Les commissaires ont constaté que le couvercle se déplaçait lorsque les voitures passaient à grande vitesse, ce qui a conduit à l’arrêt définitif de la session afin d’effectuer des vérifications complémentaires. La prudence était de mise : un incident similaire en 2023 avait déjà causé des dégâts à la Ferrari de Carlos Sainz.
Ces interruptions ont réduit les opportunités pour les équipes de lancer des simulations de qualification et d’enchaîner des runs sur tendres, perturbant ainsi la préparation pour la suite du week-end.
Performances, pneus et effets sur la stratégie
Norris a signé son meilleur temps sur les pneus tendres, tandis qu’Antonelli se montrait très proche. Leclerc, avant sa panne de boîte, avait réussi un chrono compétitif sur les pneus medium, ce qui laisse entrevoir différentes options stratégiques pour la qualification et la course.
Plusieurs équipes ont regretté le manque de tours représentatifs en fin de séance, en particulier sur les gommes tendres. Oscar Piastri, coéquipier de Norris, n’a pas pu enregistrer de tour significatif sur les softs et a terminé 14e en FP2, ce qui gêne ses simulations pour la qualification.
Ces données manquantes pourraient pousser certaines écuries à adopter des plans B pour la Q1 et à se reposer davantage sur les simulations de piste et les données historiques pour choisir les fenêtres de pneus et les réglages.
Réactions des pilotes, de la FIA et des équipes
Après la séance, Norris se montrait raisonnablement satisfait : « We didn’t manage to get too much from FP2, given the disruption, but we did get a slightly better feeling than in FP1. We made some good progress and we’ve got a reasonable feeling altogether. Some positives to build on and some areas to try and improve going into tomorrow. » Ces mots reflètent un optimisme mesuré malgré le manque de roulage.
La FIA a communiqué que le drapeau rouge avait été utilisé par précaution et que le personnel sur site avait constaté le mouvement du couvercle sous l’effet du passage des voitures, justifiant des inspections supplémentaires. Les équipes, de leur côté, ont souligné l’impact de ces arrêts sur la collecte de données et la préparation des runs de qualification.
McLaren a noté un regain de sentiment positif après FP2 grâce aux progrès ressentis par Norris, mais l’équipe doit encore travailler pour garantir que Piastri retrouve un rythme normal avant la qualification, compte tenu de son manque de tours utiles sur les pneus tendres.
Conditions de piste et mémoire du tracé urbain
Les conditions entre FP1 et FP2 ont évolué : une légère pluie ou une humidité résiduelle, des températures basses et une surface de route « sale » , caractéristique des circuits urbains ouverts à la circulation , ont rendu l’ouverture de séance hésitante pour plusieurs écuries.
Le caractère urbain du tracé de Las Vegas implique des éléments tels que les regards et revêtements hétérogènes, ce qui augmente la sensibilité aux incidents mécaniques causés par des éléments de chaussée instables. Le rappel de 2023, où un couvercle avait déjà été arraché, reste présent dans les esprits.
Ces paramètres obligent les équipes à adapter rapidement leurs réglages et à rester vigilantes sur les contrôles de sécurité, afin d’éviter des dommages coûteux et des interruptions supplémentaires durant le week-end.
Implications pour le championnat et perspectives
Sur le plan du championnat, la performance de Norris à Las Vegas est importante : il vient avec une avance de 24 points sur Oscar Piastri, tandis que Max Verstappen reste à 49 points du leader. Toute erreur ou coup de malchance ici pourrait donc peser lourd dans la course au titre.
La limitation de Piastri en FP2 représente un enjeu pour McLaren, qui devra veiller à ce que son second pilote récupère rapidement les informations et le rythme nécessaires pour les qualifications. Si Norris confirme ses sensations en Q1 et Q2, McLaren renforcera sa position stratégique pour la course.
Les aléas du tracé, les interruptions et les conditions variables signifient que les équipes devront être prêtes à ajuster leur stratégie en temps réel : la fiabilité, la gestion des pneus et la capacité d’adaptation pourraient faire la différence ce week-end.
La séance FP2 de Las Vegas a ainsi offert un aperçu contrasté : Lando Norris a marqué les esprits en tête de la feuille de temps, mais les drapeaux rouges et les problèmes mécaniques ont rappelé la fragilité et l’imprévisibilité d’un tracé urbain.
En attendant la qualification, les équipes ont du pain sur la planche pour convertir ces indications en performance réelle. Le week-end reste ouvert, et chaque détail , du contrôle des regards aux choix de pneus , pourra peser lourd dans la quête des meilleurs résultats.
