Le 9 décembre 2025, Pirelli a organisé un test post‑saison à Yas Marina (Abu Dhabi) pour évaluer sa gamme définitive de pneus destinée à la saison 2026. L’opération, menée sur des « mule cars » spécialement adaptés, marquait la première étape publique vers la nouvelle spécification des gommes pour les voitures de nouvelle génération.
Ce rendez‑vous a attiré équipes et jeunes pilotes pour accumuler un kilométrage important et vérifier en conditions réelles les caractéristiques des pneus plus étroits prévus pour 2026. Les observations produites à Yas Marina ont servi à confirmer les écarts de performance, la dégradation et la sensibilité au graining et à la surchauffe.
Le contexte du test
Ce test collectif à Yas Marina est intervenu immédiatement après le dernier Grand Prix de la saison et représentait, selon Pirelli, « la dernière apparition lors d’un week‑end de course » de la taille de pneu utilisée depuis 2022. L’objectif principal était d’effectuer un premier pas public vers la nouvelle taille de pneu 2026.
Avec le règlement technique 2026 qui change la philosophie aérodynamique et mécanique des monoplaces, Pirelli devait mesurer l’adaptation des gommes à ces contraintes. Les équipes ont donc répondu présentes pour fournir des données précises et comparer les comportements sur piste.
La date du 9 décembre 2025 a permis de combiner des sessions de mule cars et des programmes jeunes pilotes, offrant un volume de tours important pour évaluer l’usure en différentes conditions.
Caractéristiques des pneus 2026
Pirelli a confirmé que les pneus 2026 conserveraient le même diamètre de jante de 18 pouces, mais seraient « légèrement plus étroits » au niveau de la bande de roulement, donc avec une empreinte au sol réduite. Ce changement vise à mieux s’adapter aux nouvelles charges et aux caractéristiques aérodynamiques des voitures 2026.
Outre la largeur réduite, Pirelli a dévoilé des graphismes de flancs mis à jour pour la gamme 2026. La gomme C2 a été visuellement différenciée lors du roulage à Yas Marina (sans parenthèses sur le marquage), afin de faciliter l’identification en piste par les équipes et les médias.
La réduction d’empreinte soulève des questions sur le chauffage des pneumatiques, la distribution des pressions et la tendance au graining , autant de paramètres que Pirelli et les équipes ont scrutés pendant la journée de tests.
Format et déroulement de la journée
Le programme de roulage s’est déroulé sur une journée complète, de 09:00 à 18:00 heure locale. Pour la session des mule cars, Pirelli a fourni des jeux comprenant un C2, trois C3, trois C4, trois C5 et un train d’Intermédiaires par équipe, afin de couvrir un large spectre d’exigences et de repères comparatifs.
Au total, 20 voitures ont participé au mix tests et ont cumulé 2 648 tours, selon le décompte recensé par la couverture média. Ce kilométrage important a permis d’observer les phénomènes de dégradation sur des stints variés et d’alimenter les modélisations thermiques et d’usure.
Les mule cars servaient à simuler le comportement des futurs châssis sous la nouvelle empreinte pneumatique, tandis que les jeunes pilotes effectuaient des programmes parallèles sur des allocations de pneus différentes pour compléter les données.
Résultats et chronos marquants
En termes de performances pures, la journée a livré des références intéressantes. Kimi Antonelli (Mercedes) a dominé la classification des mule cars avec un temps de 1:25.170 sur C5, position confirmée également par les relevés de Reuters.
Oscar Piastri et Lewis Hamilton figuraient juste derrière (1:26.099 et 1:26.138 respectivement), tandis que dans le segment jeunes pilotes Jak Crawford a signé un temps très rapide de 1:23.766 sur C5, dans le cadre d’un programme distinct et avec des allocations différentes.
La Scuderia Ferrari a cumulé un exemple de kilométrage important avec 270 tours (Charles Leclerc 75, Lewis Hamilton 73 sur d’autres sessions et Dino Beganovic 122 sur pneus 2025 dans le cadre du programme jeunes pilotes), illustrant la variété des usages et la quantité de données collectées.
Observations techniques et retours d’ingénierie
Pirelli a expliqué que le test permettait aux ingénieurs de « vérifier l’exposition au graining et à la surchauffe » et de confirmer les écarts de performance et la dégradation des pneus à empreinte réduite. Ces éléments sont cruciaux pour définir les compositions et la hiérarchie des gommes.
Mario Isola, directeur de Pirelli Motorsport, a qualifié la séance de « fondamentale » pour confirmer les niveaux de dégradation et les gaps entre composés pour 2026. Les données thermiques et de surface collectées alimenteront les définitions finales des mélanges.
Les équipes ont noté des comportements variables selon les voitures et les réglages, ce qui était attendu : l’empreinte réduite change la manière dont l’énergie est transférée vers la piste, influençant adhérence, montée en température et usure en course.
Prochaines étapes avant la saison 2026
Pirelli a indiqué que les spécifications et les composés seraient confirmés peu après le test de Yas Marina, avec une validation complète prévue lors des essais officiels de pré‑saison fin janvier 2026. Un passage en Espagne (Barcelone) sur les monoplaces de nouvelle génération est aussi programmé pour compléter l’évaluation.
Le travail se poursuivra en collaboration étroite avec les équipes afin d’ajuster pressions, constructions et mélanges en fonction des retours et des simulations. Le calendrier impose maintenant une étape décisive lors des tests hivernaux.
Pour les observateurs, Yas Marina aura servi de vitrine technique: les pneus plus étroits ont été examinés en conditions réelles, mais la confirmation finale de leur comportement compétitif attendra les essais sur les voitures 2026 et la publication des spécifications définitives.
Le test de Yas Marina du 9 décembre 2025 a donc permis à Pirelli et aux équipes de franchir un cap important dans la préparation des pneus pour la nouvelle ère de la F1. Les données recueillies orienteront les décisions sur les mélanges, la construction et les marquages pour 2026.
Reste à observer comment ces pneus plus étroits se comporteront en conditions de course réelles une fois montés sur les monoplaces 2026: le verdict final viendra des essais de pré‑saison et des premières courses, lorsque la stratégie pneus deviendra un paramètre clé des batailles en piste.
