Sports-Auto.fr Général Deux arrêts obligatoires au Qatar : Pirelli plafonne les pneus à 25 tours

Deux arrêts obligatoires au Qatar : Pirelli plafonne les pneus à 25 tours


Deux arrêts obligatoires au Qatar : Pirelli plafonne les pneus à 25 tours , telle est la mesure annoncée le 17 novembre 2025 par le manufacturier. Selon le communiqué officiel, chaque jeu de pneus fourni au début du week‑end de course pourra couvrir au maximum 25 tours, une limite introduite pour des raisons de sécurité et décidée d’un commun accord avec la FIA et Formula 1.

Cette contrainte technique a une conséquence pratique immédiate : avec une distance de course fixée à 57 tours sur le circuit de Lusail, il devient arithmétiquement impossible d’effectuer la course sur un seul arrêt. Le plafond de 25 tours par jeu force donc un minimum de deux arrêts par pilote, modifiant profondément la feuille de route stratégique des écuries pour le week‑end du 28, 30 novembre 2025.

Les raisons techniques derrière la décision

Pirelli explique que la mesure se fonde sur l’analyse post‑course des pneumatiques du Grand Prix du Qatar 2024. Plusieurs gommes, en particulier le pneu avant gauche, avaient atteint un niveau d’usure maximal, la combinaison d’efforts latéraux importants et de contraintes thermiques augmentant la fatigue structurelle.

Le constructeur a précisé que le choix n’est pas punitif mais préventif : l’objectif est de réduire le risque de défaillance en course et d’assurer la sécurité des pilotes. Mario Isola et l’équipe technique ont rappelé que Lusail est un tracé « très exigeant pour les pneus » en termes d’énergie latérale et de chaleur.

La décision a été prise après échanges réguliers avec la FIA, Formula 1 et les équipes, souligne Pirelli, qui privilégie une approche concertée pour ce type d’intervention événementielle.

Comment le compte des 25 tours est effectué

Le plafond de 25 tours s’applique de manière cumulative : il compte les tours effectués par chaque jeu durant l’ensemble des sessions du week‑end , essais libres, qualifications, sprint et la course. Autrement dit, un jeu utilisé en FP1 va diminuer le nombre de tours restants pour ce même jeu en course.

Pirelli a aussi clarifié les exceptions au comptage : les tours pour rejoindre la grille, le tour de formation et les tours effectués après le drapeau à damier ne sont pas pris en compte. En revanche, les tours réalisés derrière la Safety Car ou en période de Virtual Safety Car comptent et consomment donc de la « vie » du pneu.

Pour aider les équipes à gérer cette nouvelle contrainte, Pirelli fournira à chaque écurie, avant le Grand Prix, l’état précis des jeux déjà utilisés et le nombre de tours restants sur chaque ensemble afin d’établir des stratégies conformes au plafond.

Conséquences stratégiques et allocation des gommes

Sur le plan stratégique, la limite à 25 tours transforme la course : avec 57 tours à couvrir à Lusail, les données simples montrent qu’un seul arrêt n’est plus une option viable. Les équipes devront planifier au minimum deux arrêts, ce qui change les fenêtres de ravitaillement et les compromis entre vitesse et dégradation.

Pirelli a opté pour une nomination prudente des composés à Lusail : les mélanges les plus durs (répertoriés C1, C2, C3 pour Hard/Medium/Soft) ont été choisis pour améliorer la durabilité. Les allocations pour les week‑ends sprint, publiées dans les notes d’événement par les médias, reflètent ce souci d’endurance.

Au final, la planification des stands, la gestion des pneus lors des périodes de Safety Car et le choix des relais deviendront des éléments cruciaux, augmentant le rôle des ingénieurs stratégiques dans la course au résultat et au championnat.

Réactions du paddock et débat sur le spectacle

La mesure a suscité des avis partagés. Certains au paddock acceptent la nécessité d’une action préventive après les incidents de 2024, quand Lewis Hamilton et Carlos Sainz ont connu des crevaisons au pneu avant gauche. Pour eux, la sécurité prime sur toute autre considération.

D’autres voix, comme celle du team principal de Haas, Ayao Komatsu, s’expriment plus critiques : « I don’t agree with those artificial limits », a‑t‑on rapporté, estimant qu’un plafonnement artificiel des relais nuit au spectacle et pourrait « détruire » la dynamique naturelle de la course.

Les pilotes eux‑mêmes ont déjà, par le passé, dénoncé les effets des bordures et des kerbs de Lusail , Carlos Sainz avait notamment déclaré que les kerbs « tuent les pneus ». Le débat oppose aujourd’hui la préservation de la sécurité et l’envie de laisser place à l’ingéniosité stratégique des équipes.

Contexte historique : Lusail entre 2023 et 2025

Ce n’est pas la première intervention de ce type à Lusail. En 2023, une limite de 18 tours avait été imposée de manière réactive, mais pour une raison différente : des micro‑lacérations provoquées par des kerbs. La situation de 2025 est distincte et vise plutôt la fatigue liée à l’usure et aux efforts latéraux.

Les épisodes de 2024, marqués par des crevaisons et une usure accélérée surtout à l’avant gauche, ont poussé Pirelli à approfondir ses analyses et à recommander une mesure plus large et préventive pour 2025. Ainsi, la nouvelle limite n’est pas un retour au précédent immédiat mais une réponse adaptée aux constats récents.

Cette série d’interventions montre la difficulté à concilier configuration de piste, agressivité des voitures modernes et résistance des pneumatiques , un équilibre qui reste au cœur des discussions techniques entre manufacturier, équipes et instances.

Impacts sur le championnat et enjeux pour la fin de saison

Le Grand Prix du Qatar 2025 se déroule les 28, 30 novembre et constitue l’avant‑dernier rendez‑vous de la saison. La contrainte des deux arrêts obligatoires prend donc une dimension stratégique et potentiellement décisive pour la lutte au titre et les classements finaux.

En limitant les options de relais, la mesure amplifie l’importance de la qualité des arrêts au stand, des décisions prises par le muret et de la gestion des périodes de drapeau jaune ou Safety Car, qui consomment elles‑mêmes des tours de vie pneumatique.

Si le compromis sécurité‑spectacle reste débattu, il est clair que les équipes devront adapter leurs modèles et simulations pour éviter les ennuis et tirer parti de la nouvelle donne sur un circuit déjà réputé exigeant.

En conclusion, la décision de Pirelli de plafonner les pneus à 25 tours à Lusail impose une nouvelle réalité : Deux arrêts obligatoires au Qatar deviennent la norme pour la sécurité des pilotes et la fiabilité mécanique.

Reste à voir comment les équipes transformeront cette contrainte en opportunité stratégique et si les débats sur l’impact pour le spectacle s’apaiseront à mesure que le paddock accumulera des données et des retours concrets pendant le week‑end.