Sports-Auto.fr Général Formule E: São Paulo ouvre la saison

Formule E: São Paulo ouvre la saison


La saison 12 de la Formule E a officiellement pris son envol au Brésil, avec un week‑end spectaculaire au cœur de São Paulo. Les 6 et 7 décembre 2025, le Sambadrome d’Anhembi a accueilli le coup d’envoi d’un championnat élargi, marqué par un mélange d’audace technique, de stratégie et d’incidents dramatiques.

Sur une piste de 2,933 km et 11 virages tracée dans le décor emblématique du Sambadrome, Jake Dennis (Andretti) a converti sa pole en victoire, remportant l’E‑Prix après une relance finale. Ce premier rendez‑vous donne le ton d’une saison attendue comme la dernière année de la Gen3 avant l’arrivée de la Gen4 en 2027.

Le Sambadrome: un décor iconique pour l’ouverture

Le circuit installé dans le Sambadrome (Anhembi) offre un tracé resserré et spectaculaire, long de 2,933 km et composé de 11 virages en direction horaire. Les organisateurs avaient prévu 30 tours, une configuration qui a favorisé les stratégies de gestion d’énergie et les phases d’Attack Mode.

L’Attack Mode, situé au virage 3, a joué un rôle tactique important car son emplacement impose des choix risqués en termes de position sur la piste et de consommation d’énergie. La combinaison du tracé et de l’Attack Mode a produit de multiples permutations au classement tout au long de la course.

São Paulo confirme son statut de ville‑étape phare: c’était la deuxième fois que la Formule E ouvrait la saison au Brésil et le Distrito Anhembi avait préparé un Fan Village et de nombreuses animations pour les spectateurs. L’ambiance locale et la forte affluence ont renforcé l’importance de cette manche inaugurale.

Déroulé de la course et moments clés

La course a été rythmée par des phases de Safety Car, des neutralisations en Full Course Yellow et surtout un red flag imposé après un incident spectaculaire. Ces interruptions ont forcé les équipes à revoir leurs plans et ont offert des opportunités de dépassement lors de la relance finale.

Jake Dennis a su tirer profit d’une stratégie cohérente: «We had a good strategy, a good race car and good track position… I’m so happy, I didn’t get a win last season so to get it back in the first race is a testament to our off‑season work.» Sa capacité à gérer l’énergie et à conserver la position après la relance lui a permis de convertir la pole en victoire.

La dernière relance, réduite à un sprint d’un tour après le red flag, a intensifié la lutte pour la victoire et les places d’honneur. L’Attack Mode bien placé et les choix de pneus (allocation officielle) ont finalement déterminé le destin des leaders lors des instants décisifs.

Podium, pénalités et implications au championnat

Le podium de cette manche d’ouverture a reflété la densité du plateau: 1) Jake Dennis (Andretti), 2) Oliver Rowland (Nissan), 3) Nick Cassidy (Citroën). Rowland s’est montré satisfait de sa deuxième place malgré une séance de qualification compliquée et une pénalité de grille subie auparavant.

Nick Cassidy a salué la performance de son équipe: «This result is awesome for everyone at Citroën Racing… to start with the team like this is fantastic.» Ces premiers points donnent de l’élan à Citroën dans un championnat où chaque arrivée compte.

Felipe Drugovich, qui avait franchi la ligne en 5e position, a été rétrogradé à la 12e suite à des pénalités infligées après la course. Au classement général, Dennis prend la tête du championnat pilotes, Andretti mène le classement par équipes et Porsche apparaît en tête du championnat constructeurs après ce premier round.

Accident de Pepe Martí et retour sur la sécurité

Le week‑end a été marqué par un incident spectaculaire impliquant le rookie Pepe Martí (CUPRA Kiro), qui a survolé la monoplace d’Antonio Félix da Costa lors d’un contact violent. L’image, partagée rapidement par la FIA, a souligné l’impact et la gravité potentielle de l’accident.

Heureusement, Martí s’en est sorti indemne, ce qui a suscité des témoignages sur la robustesse des monoplaces et des dispositifs de sécurité. Dan Ticktum a résumé le sentiment général: «The main thing is he’s alright… the safety is just so good». Le red flag déclenché après l’accident a ensuite conduit à une relance en format sprint d’un tour pour conclure la course.

La diffusion officielle par la FIA des images et du compte‑rendu a permis une analyse rapide des causes et des conséquences, et a rappelé l’importance permanente de la sécurité dans un sport où les marges sont minces et la vitesse élevée.

Stratégies, réglementation et transition Gen3→Gen4

La saison 12 est présentée comme la dernière année de la Gen3, une période de transition avant l’arrivée des Gen4 attendues en 2027. Les équipes jouent donc une double partition: maximiser les performances immédiates tout en préparant l’avenir technologique.

Les ajustements réglementaires (par exemple des modifications d’Attack Mode et une plus grande flexibilité stratégique) ont influencé les approches des teams. À São Paulo, la gestion d’énergie, l’utilisation de l’Attack Mode au virage 3 et le timing des neutralisations ont été déterminants pour le résultat final.

Avec un calendrier annoncé plus long , près d’un record autour de 18 manches pour 2025‑26 , les équipes doivent optimiser fiabilité et stratégie sur la durée. Le calendrier officiel place São Paulo en R1 et Mexico City en R2 (10 janvier 2026), ouvrant une séquence de courses exigeante dès les premières semaines de la saison.

Transferts, rookies et dynamique d’équipe

Le plateau 2025‑2026 a connu des mouvements notables: Nick Cassidy chez Citroën, António Félix da Costa chez Jaguar, et l’arrivée de Felipe Drugovich chez Andretti pour ses débuts en Formule E. Ces changements ont redistribué les cartes et accru l’incertitude compétitive.

Andretti, porté par une «nouvelle énergie» selon le Team Principal Roger Griffiths, a montré ses ambitions dès l’ouverture. Avant le week‑end, Felipe Drugovich avait même effectué une démonstration en GEN3 Evo sur la piste de l’aéroport GRU pour promouvoir l’événement et galvaniser le public local: il se disait «super excited» à l’idée de courir à domicile.

Les rookies comme Pepe Martí ont apporté du piquant, parfois au prix d’incidents marquants. La capacité des jeunes pilotes à apprendre vite et la réactivité des équipes face aux aléas techniques seront des éléments clefs de cette saison longue et disputée.

Ambiance, audience et retombées médiatiques

L’E‑Prix de São Paulo a été largement relayé par les canaux officiels: la FIA et Formula E ont publié classements, résumés et vidéos (notamment l’impactant clip du crash de Martí). Les chiffres d’audience numériques confirment l’ampleur médiatique du championnat, avec des centaines de milliers de fans engagés sur les plateformes officielles.

La visibilité en ligne est importante pour l’écosystème: la page FIA/Formula E rassemblait à l’époque plus de 700k fans Facebook et environ 1,48M de followers sur les canaux équivalents, démontrant l’intérêt mondial pour la série électrique. Les équipes et les partenaires exploitent ces retombées pour développer des animations et des activations autour des courses.

Localement, les animations du Fan Village et les démonstrations (comme celle de Drugovich à GRU) ont permis de connecter davantage la communauté brésilienne à la discipline, consolidant São Paulo comme une ouverture de saison festive et stratégique.

Le coup d’envoi à São Paulo a donc été à la hauteur des attentes: une course riche en émotions, stratégique et révélatrice des forces en présence pour cette saison 12 de Formule E. Jake Dennis et Andretti sortent renforcés, tandis que les incidents et pénalités rappellent que rien n’est acquis dans un championnat aussi mouvant.

La route est longue: avec un calendrier étendu et la transition vers la Gen4 en ligne de mire, les prochains rendez‑vous , dès Mexico City , promettent déjà de nouvelles batailles. Les équipes, pilotes et fans suivront de près l’évolution d’une Formule E qui cherche à conjuguer spectacle, innovation et sécurité.