Le 21 mars 2026, Madrid écrira une nouvelle page de son histoire sportive avec l’accueil du tout premier E-Prix de son histoire au Circuito de Madrid Jarama-RACE. Cette manche de la saison 2025-26 de Formule E ne constitue pas seulement une date de plus au calendrier mondial : elle symbolise l’entrée officielle de l’Espagne parmi les pays hôtes du championnat du monde de monoplaces électriques. Pour une ville qui s’apprête aussi à vivre une année 2026 majeure dans le sport automobile, l’événement a tout d’un signal fort.
Au-delà de la nouveauté, ce rendez-vous raconte surtout une renaissance. Le Jarama, circuit mythique fondé en 1967, retrouve des monoplaces engagées dans un championnat du monde et se repositionne comme scène de référence entre héritage mécanique et mobilité durable. Entre prestige historique, innovation technologique et forte attente populaire, Madrid s’apprête à ouvrir grand ses portes à une nouvelle ère de la compétition.
Madrid entre dans la carte mondiale de la Formule E
La confirmation est officielle : la Formule E fera étape à Madrid le samedi 21 mars 2026. L’information figure au calendrier publié par le championnat, qui inscrit le Jarama comme théâtre de la sixième manche de la saison 2025-26. Ce choix donne à la capitale espagnole une place inédite dans une discipline devenue l’un des visages les plus modernes du sport automobile.
Avec cette annonce, l’Espagne fait son entrée officielle parmi les pays organisateurs d’un E-Prix. Formula E et CUPRA ont présenté l’événement comme un moment fondateur, à la fois pour la compétition et pour le pays. Alberto Longo, cofondateur de la discipline, a d’ailleurs souligné que « Spain’s love for motorsports and racing tradition have been decisive in choosing Madrid », insistant sur le poids de la culture automobile espagnole dans cette décision.
Le nom officiel de l’épreuve, “2026 CUPRA Raval Madrid E-Prix”, renforce encore cette identité. Il associe la course à un partenaire industriel engagé dans l’électrification, tout en ancrant l’événement dans une stratégie de visibilité internationale. Pour Madrid, l’enjeu dépasse le simple accueil d’une course : il s’agit de s’installer durablement dans le grand récit mondial du sport auto.
Le Jarama, un circuit historique qui reprend vie
Le retour des monoplaces au Jarama donne une portée symbolique particulière à cette étape. Fondé en 1967, le circuit fait partie des lieux les plus emblématiques du sport automobile espagnol. Il a accueilli 9 Grands Prix de Formule 1 et 16 Grands Prix moto, ce qui en fait un site chargé de mémoire pour plusieurs générations de passionnés.
Selon les responsables du circuit relayés par la presse espagnole, le Jarama « reprend vie » avec cette arrivée de la Formule E. L’expression n’a rien d’exagéré : il s’agit bien du retour d’une épreuve de championnat du monde sur un tracé qui a longtemps incarné le prestige du sport mécanique ibérique. En renouant avec ce niveau de compétition, le circuit retrouve une centralité perdue depuis des décennies.
Cette renaissance ne se limite pas à la nostalgie. Carmelo Sanz de Barros, président du RACE, présente aujourd’hui le Jarama comme un exemple de fusion entre héritage historique et mobilité durable. En d’autres termes, le circuit ne cherche pas seulement à célébrer son passé ; il entend prouver qu’un site historique peut aussi devenir un laboratoire crédible de la transition technologique.
Un retour préparé de longue date
Si Madrid a obtenu cette place au calendrier, ce n’est pas le fruit d’un simple effet d’annonce. Le Jarama avait déjà accueilli en novembre 2024 les essais de présaison de la Formule E, un test grandeur nature qui a permis de démontrer la capacité du site à répondre aux standards techniques et organisationnels de la FIA et du championnat. Ce rendez-vous a servi de répétition générale avant l’officialisation de l’E-Prix.
Le circuit madrilène s’est également distingué en accueillant en 2024 le tout premier test 100 % féminin de l’histoire d’un championnat FIA Formula E. Ce précédent a renforcé la crédibilité du Jarama dans l’écosystème de la discipline, en montrant sa capacité à héberger des événements à forte portée sportive et symbolique. Une deuxième édition élargie a d’ailleurs été annoncée pour 2025, signe que la relation entre Madrid et la Formule E s’est construite dans la durée.
Le maire de Madrid, José Luis Martínez-Almeida, a résumé cette ambition avec une formule forte : « La Formula E ha llegado a Madrid para quedarse ». Cette déclaration traduit une volonté politique claire de faire de la capitale un acteur durable du championnat. L’E-Prix 2026 apparaît donc moins comme une expérimentation que comme le début d’une installation pérenne.
Une course pensée comme un spectacle total
Le Jarama ne vend pas seulement une compétition, mais une journée entière d’expérience. Le circuit parle de « huit heures de pure émotion », avec un format intégrant essais, qualifications, course et animations. Cette promesse correspond parfaitement à l’ADN de la Formule E, qui mêle sport, divertissement, innovation et proximité avec le public.
Le site de San Sebastián de los Reyes, au nord de Madrid, offre pour cela un cadre facilement identifiable. L’adresse officielle communiquée aux visiteurs internationaux est la suivante : Circuito de Madrid Jarama-RACE, Vía de Servicio A-1, km 28, 28707 San Sebastián de los Reyes, Madrid, Spain. Ce détail logistique n’est pas anodin : il souligne la volonté de faire du Madrid E-Prix un rendez-vous accessible, pensé pour attirer à la fois les spectateurs locaux, les médias et les fans venus de l’étranger.
La discipline elle-même présente déjà Madrid comme un retour en Espagne « for the first time » près de la capitale, avec une billetterie ouverte en amont. Cette mise en marché précoce accompagne une ambition claire : installer immédiatement l’épreuve parmi les rendez-vous marquants de la saison, en valorisant autant l’atmosphère du site que l’intensité sportive attendue sur la piste.
Le Madrid E-Prix, laboratoire technologique à ciel ouvert
Sportivement, le rendez-vous madrilène ne sera pas une manche ordinaire. Le Jarama devrait devenir le circuit le plus long de l’histoire de la Formule E avec un tracé annoncé à 3,934 km, soit environ 400 mètres de plus que le précédent record de la discipline. Cette caractéristique modifie sensiblement les repères habituels du championnat, conçu à l’origine autour de circuits plus compacts.
Autre innovation marquante : l’épreuve intégrera le “Pit Boost”, une recharge rapide obligatoire en course. Le principe est spectaculaire et stratégique à la fois, puisqu’il permet de récupérer 10 % de batterie en 34 secondes. Cette nouveauté ajoute une couche tactique importante, en ouvrant davantage de scénarios de course et en favorisant potentiellement les dépassements.
Conséquence directe de cette configuration particulière, le format a été ajusté à 23 tours au lieu de 21. Cela montre combien le Jarama impose sa singularité au championnat. Pour les équipes, les pilotes et les ingénieurs, Madrid sera autant un défi de pilotage qu’un exercice de lecture énergétique et stratégique, dans l’esprit le plus pur de la Formule E moderne.
Un impact économique et médiatique déjà considérable
Le 2026 CUPRA Raval Madrid E-Prix s’annonce aussi comme un succès populaire. Selon Alberto Longo, l’épreuve devrait se tenir à guichets fermés avec environ 30 000 billets vendus. Pour un circuit comme le Jarama, cette affluence confirmerait immédiatement l’existence d’un fort appétit local pour la compétition électrique de haut niveau.
Les retombées attendues dépassent largement les tribunes. Les estimations avancées font état d’un impact économique compris entre 80 et 100 millions d’euros pour Madrid et sa région. À cela s’ajoutent environ 30 000 nuitées hôtelières, ce qui illustre le potentiel touristique d’un événement capable de mobiliser spectateurs, partenaires, équipes et médias internationaux.
Sur le plan de la visibilité, les chiffres sont tout aussi impressionnants : la diffusion mondiale annoncée couvre 192 pays pour environ 400 millions de téléspectateurs. Autrement dit, le Madrid E-Prix offrira à la capitale une vitrine internationale massive. Le Jarama se présente d’ailleurs comme la porte d’entrée de Madrid dans « l’histoire du sport automobile et du divertissement mondial », une formule ambitieuse mais cohérente avec l’ampleur médiatique du rendez-vous.
CUPRA, Madrid et l’électrification comme récit commun
Le choix de CUPRA comme partenaire fondateur et sponsor-titre n’a rien d’accessoire. La marque utilisera l’événement comme vitrine de sa stratégie d’électrification, avec du branding en piste, des intégrations en réalité augmentée dans la diffusion, une présence au Fan Village et la possibilité de fournir les véhicules officiels. Le modèle électrique CUPRA Raval occupera naturellement une place centrale dans ce dispositif.
Cette association donne au Madrid E-Prix une dimension industrielle et culturelle. Markus Haupt, CEO de CUPRA, a résumé cette ambition par une phrase claire : « queremos que España acoja la movilidad eléctrica ». La course devient ainsi un support narratif pour promouvoir une adoption plus large de la mobilité électrique en Espagne, en reliant émotion sportive et transformation des usages.
Cette logique est parfaitement alignée avec le positionnement du Jarama tel que le défendent ses dirigeants. En mettant en avant la cohabitation entre patrimoine sportif et innovation durable, le circuit madrilène s’inscrit dans une tendance lourde du sport automobile contemporain : faire de la compétition un accélérateur de technologies, mais aussi un levier d’adhésion publique à de nouvelles formes de mobilité.
Un moment historique pour l’Espagne et pour Madrid
La RFEDA a qualifié l’arrivée de la Formule E à Madrid de « moment historique » pour le sport automobile espagnol. L’expression traduit bien l’importance institutionnelle de l’événement. Pour la fédération, voir la capitale intégrer une compétition considérée comme l’une des plus innovantes et durables du sport automobile mondial constitue une étape majeure dans l’évolution du paysage national.
Le contexte renforce encore cette portée. En mars 2026, le Madrid E-Prix agira comme un prélude à une année exceptionnelle, quelques mois avant l’arrivée de la Formule 1 à Madrid en septembre. Ensemble, ces deux rendez-vous redessinent la place de la capitale dans les grands calendriers internationaux, avec une capacité rare à faire coexister tradition, innovation et ambition urbaine.
Dans cette perspective, le Jarama redevient plus qu’un circuit : un symbole. Il rappelle que Madrid peut accueillir les formes les plus avancées de la compétition automobile sans renoncer à son héritage. Et il montre aussi qu’en 2026, la capitale espagnole ne se contente plus de regarder les grandes scènes du sport mécanique : elle entend désormais en faire pleinement partie.
Le retour des monoplaces électriques au Jarama n’est donc pas une simple curiosité de calendrier. Il s’agit d’un événement charnière, à la croisée du prestige historique, de l’innovation sportive et de la transformation économique. En choisissant Madrid, la Formule E valide à la fois un territoire, un circuit et une vision de l’avenir du sport automobile.
Si la promesse est tenue, le 2026 CUPRA Raval Madrid E-Prix pourrait marquer le début d’un cycle durable pour la capitale espagnole. Entre 30 000 spectateurs attendus, une audience mondiale massive et une image forte de modernité, Madrid a l’occasion de faire du Jarama un pont entre mémoire et futur. Et cette fois, tout indique que ce réveil est parti pour durer.
