Sports-Auto.fr Rallye Rallye du Maroc: bataille finale du W2RC à Erfoud

Rallye du Maroc: bataille finale du W2RC à Erfoud


Le Rallye du Maroc 2025 s’annonce comme un rendez‑vous décisif pour le World Rally‑Raid Championship (W2RC). Programmé du 10 au 17 octobre 2025, l’événement partira de Fès avec un prologue avant un transfert vers le bivouac final à Erfoud, où se jouera la « bataille finale » du championnat.

Avec 2 299 km au total dont 1 478 km chronométrés, et une configuration de boucles autour d’Erfoud, le rallye représente à la fois une épreuve sportive majeure et une répétition générale pour le Dakar. Les enjeux sportifs, techniques et économiques en font une étape déterminante de la saison.

Le plateau et les enjeux sportifs

Le plateau réunit 107 engagés toutes catégories , Ultimate, Challenger, SSV, Stock et Truck , ce qui illustre l’ampleur de l’événement. Parmi eux, 33 équipages sont inscrits pour marquer des points W2RC, et 22 de ces inscriptions appartiennent à la catégorie Ultimate, qui concentre l’attention médiatique et sportive.

Les têtes d’affiche ne manquent pas : Nasser Al‑Attiyah (Dacia Sandrider) est le leader du championnat avec neuf points d’avance sur Henk Lategan (Toyota), tandis que Lucas Moraes (Toyota) suit un point derrière Lategan. Le titre pilotes se décidera donc au Maroc, dans un face‑à‑face serré.

La présence de noms tels que Carlos Sainz, Sébastien Loeb, Yazeed Al‑Rajhi, Seth Quintero et Cristina Gutiérrez renforce l’intérêt populaire et médiatique de l’épreuve. Les équipes utilisent aussi le rallye comme banc d’essai avant le Dakar, ce qui alimente la compétition et les stratégies.

Itinéraire, kilométrage et format de course

Le parcours annoncé totalise 2 299 km, dont 1 478 km de spéciales chronométrées. Le prologue de Fès, court et spectaculaire, s’étend sur 19 km (prologue à Fès le 12/10), avant le transfert vers Erfoud et l’installation du bivouac final.

Depuis Erfoud, les concurrents affronteront quatre boucles désertiques : des spéciales d’environ 300 km, 304 km, 322 km, 284 km et 216 km, puis une Power Stage finale de 33 km. La formule de boucles autour du bivouac favorise la logistique des teams tout en multipliant les confrontations directes et la gestion mécanique.

Les secteurs traversés incluent des portions techniques sur le plateau du Rekkam, des passages proches des dunes de Merzouga et de longues liaisons autour du bivouac qui mettront à l’épreuve navigation et endurance mécanique, éléments clés pour départager les prétendants au titre.

La bataille pour le titre pilotes

L’enjeu principal du Rallye du Maroc 2025 est la décision du championnat pilotes. Nasser Al‑Attiyah aborde la manche en leader, avec neuf points d’avance sur Henk Lategan et Lucas Moraes à un point derrière Lategan. Comme le rappelle la FIA : « Al‑Attiyah is the defending W2RC champion and a seven‑time winner in Morocco. He takes a nine‑point lead… ».

Cette configuration rend la stratégie cruciale : attaquer pour reprendre du temps ou gérer sa marge pour sécuriser des points ? Les choix seront dictés par la géographie des spéciales, l’état des véhicules et la météo locale. Chaque erreur ou incident mécanique peut renverser la hiérarchie.

Les co‑pilotes joueront également un rôle déterminant. La navigation sur le Rekkam Plateau et autour des dunes de Merzouga exigera précision et sang‑froid. La Power Stage de 33 km peut encore redistribuer les cartes et offrir des points bonus décisifs pour l’attribution du titre.

Dacia Sandriders et les stratégies d’équipe

Le retour de la Dacia Sandrider au Rallye du Maroc a une forte portée symbolique : c’est le lieu de sa première victoire W2RC. La structure revendique 13 victoires d’étape, deux victoires générales et trois podiums depuis ses débuts, et s’engage à soutenir la tentative d’Al‑Attiyah pour la finale.

Pour Dacia, mais aussi pour Toyota Gazoo Racing (déjà sacré Constructeurs W2RC 2025), le Maroc est un terrain de validation des réglages, des suspensions et de la fiabilité. Les teams investissent temps et moyens pour préparer le Dakar, en testant setups et pièces dans des conditions proches du rallye‑raid extrême.

Les enjeux techniques se doublent de stratégies sportives : gestion des pneus, protection du moteur et du châssis, choix des trajectoires dans les zones de dunes et rapides diagnostics en bivouac. L’appui logistique de la structure Sandriders peut faire la différence dans la lutte pour le titre.

Erfoud : terrain, logistique et retombées locales

Erfoud devient pour quelques jours le cœur du rallye : après l’arrivée le 13 octobre, quatre boucles désertiques partiront et reviendront autour du bivouac, avant la Power Stage et la cérémonie de remise des prix. La configuration favorise un spectacle concentré pour les équipes et les spectateurs.

Le terrain combine secteurs rapides du plateau, chemins caillouteux et approches de dunes, exigeant navigation et prudence mécanique. Ces caractéristiques font d’Erfoud un lieu idéal pour départager les champions et éprouver les véhicules préparés pour le Dakar.

Sur le plan local, l’organisation signale un impact économique notable : le bivouac éphémère augmente la fréquentation locale (estimée à +~10 % de population) et une large part du budget du rallye est dépensée via des prestataires nationaux. Le Rallye du Maroc génère donc une dynamique économique régionale importante.

Le Rallye du Maroc comme répétition du Dakar

Classé 26e édition, le Rallye du Maroc reste un shakedown majeur avant le Dakar. Navigation, dunes et longues spéciales constituent un format proche de janvier, et de nombreuses écuries (notamment Land Rover, Toyota et M‑Sport Ford) en profitent pour peaufiner leurs réglages et procédures.

Au‑delà du développement technique, l’épreuve joue un rôle médiatique : elle permet aux pilotes et aux marques de tester leur communication, d’engager des partenaires et de préparer les présences médiatiques du début d’année. Le Maroc offre donc un double intérêt sportif et promotionnel.

Les organisateurs testent aussi des nouveautés pour 2026, comme la Power Stage et d’autres aménagements, en vue d’un déploiement élargi. La direction future impliquera des figures comme Marc Coma et Luc Alphand après l’acquisition par Pro Dunes Events, signalant des évolutions à venir pour la série.

Prévisions et points d’attention pour la finale

Plusieurs éléments restent à surveiller : la fiabilité des véhicules après des étapes longues et rudes, l’efficacité des stratégies d’équipe en bivouac, et la capacité des pilotes à gérer la navigation dans les secteurs techniques. Les écarts au général risquent de se jouer sur la constance plutôt que sur des exploits isolés.

La lutte entre Al‑Attiyah, Lategan et Moraes promet des moments clés à surveiller, notamment lors des passages délicats près des dunes de Merzouga et sur les liaisons rapides du Rekkam Plateau. La Power Stage de 33 km pourra valoir cher en points additionnels et offrir des retournements de situation.

Enfin, la grande variété d’engagés et la densité de concurrents dans la catégorie Ultimate rendent la course imprévisible : imprévus mécaniques, pénalités ou incidents sur la piste peuvent redistribuer les cartes et faire basculer le championnat à l’avantage de l’un ou l’autre prétendant.

Le Rallye du Maroc 2025 ne sera pas seulement une étape sportive, mais aussi un moment stratégique pour toutes les équipes en vue du Dakar. Entre enjeux de titre, tests techniques et retombées locales à Erfoud, l’épreuve promet une conclusion palpitante pour le W2RC.

Qu’il s’agisse de la bataille entre Al‑Attiyah, Lategan et Moraes ou des ambitions des constructeurs, la finale à Erfoud nous donnera des réponses claires sur la hiérarchie 2025 et préparera la saison suivante. Les yeux du rallye‑raid seront braqués sur le sud marocain.