Le Rallye Monte‑Carlo, première manche du Championnat du Monde des Rallyes 2026, a offert un début de saison spectaculaire et hivernal. Disputé du 22 au 25 janvier autour de Gap avec un départ cérémonial à Monaco, l’épreuve prévoit 17 spéciales pour 339,15 km chronométrés, et se conclura par la Power Stage La Bollène‑Vésubie / Moulinet le dimanche 25 janvier.
Après deux jours intenses sur des routes mêlant neige, glace, gadoue et pluie, Toyota Gazoo Racing s’affiche en position de force: Solberg mène un triplé Toyota, mais la dynamique reste précaire et les équipes gardent la prudence pour la suite.
Premières impressions et shakedown
La mise en jambes avant le départ officiel a été dominée par Toyota: Takamoto Katsuta a signé le meilleur temps du shakedown et plusieurs pilotes Toyota ont occupé les meilleurs temps du warm‑up. Ces repères se sont révélés précieux compte tenu des conditions variables rencontrées dès la première nuit.
Plusieurs autres équipages ont connu des difficultés dès l’entame, avec des sorties pour certaines équipes non‑Toyota; Thierry Neuville, notamment, a eu un incident lors des premières reconnaissances, illustrant la difficulté d’adaptation au mélange neige/ pluie.
Les organisateurs et les équipes ont aussi dû composer avec une forte affluence: des dizaines de milliers de fans ont longé les routes alpines malgré le risque, ce qui a ajouté une pression logistique et un enjeu de sécurité non négligeable pour les commissaires et les secours.
Leg 1 et le coup d’éclat de Solberg
Oliver Solberg a pris le contrôle dès les spéciales nocturnes du jeudi, signant la première tête du classement après la Leg 1. Il a conclu la première journée avec une avance confortable de 44,2 secondes sur son coéquipier Elfyn Evans.
La soirée n’a pas été exempte d’incidents: la spéciale Vaumeilh / Claret (SS3) a été neutralisée et red‑flagguée en raison d’un brouillard dense qui réduisait fortement la visibilité; des temps notionnels ont alors été appliqués aux concurrents n’ayant pas pu terminer la spéciale, impactant certaines stratégies.
Solberg a résumé son démarrage par un optimisme prudent: « It’s been a very positive start », tout en rappelant que la course restait encore longue et incertaine.
Vendredi décisif et creusement des écarts
Vendredi a été la journée la plus longue du rallye, avec une boucle de neuf spéciales , Laborel / Chauvac‑Laux‑Montmaux, Saint‑Nazaire‑le‑Désert / La Motte‑Chalancon et La‑Bâtie‑des‑Fontes / Aspremont , qui a creusé les écarts. C’est cette succession d’épreuves qui a produit les différences majeures entre les équipages.
Malgré une crevaison sur la SS5 (avant gauche), Solberg a illustré une combinaison de vitesse et de sang‑froid: à la mi‑journée il avait porté son avance à 1:04.2, puis a terminé la journée avec 1:08.4 d’avance sur Evans après neuf spéciales. Il avait remporté quatre des neuf chronos complétés, posant son empreinte sur la boucle enneigée.
La performance de Solberg, marquée par des temps de référence sur neige et glace, a démontré une maîtrise rare dans des conditions si changeantes, mais lui‑même rappelait: « There’s a loooooong way to go », soulignant la nécessité de maintenir le cap.
Domination Toyota et réaction de l’équipe
Au terme de la deuxième journée, Toyota Gazoo Racing occupait le podium provisoire: Oliver Solberg en tête, Elfyn Evans deuxième et Sébastien Ogier troisième. Le classement 1‑2‑3 a été confirmé par des dépêches internationales relayées par Reuters et plusieurs titres comme The Straits Times ou The Star.
Dans son communiqué de fin de journée, Toyota a titré « Super Solberg continues to lead TGR‑WRT 1‑2‑3 », soulignant la performance collective de l’équipe et la supériorité du package Toyota sur des routes hivernales piégeuses.
Jari‑Matti Latvala, directeur de l’équipe, n’a pas tari d’éloges: il a qualifié la prestation de Solberg de « sensational », ajoutant que le jeune pilote semblait étrangement détendu dans des conditions qui auraient pu le destabiliser , un compliment venant d’un ancien champion et homme de terrain aguerri.
Conditions, incidents et sécurité
Les conditions météorologiques ont varié d’un secteur à l’autre: neige, verglas, boue et de fortes averses se sont succédé, et le brouillard a même causé l’interruption d’une spéciale. Ces éléments ont rendu la lecture des trajectoires et le choix des pneus extrêmement délicats pour les équipages.
La sécurité est restée une préoccupation constante: les commissaires ont dû gérer des zones à visibilité réduite et des points d’affluence spectateurs, tandis que des neutralisations , comme celle de la SS3 , ont été nécessaires pour protéger pilotes et public. Malgré la météo, la foule nombreuse a contribué à l’ambiance mais a aussi complexifié la logistique de sécurité.
Outre la crevaison de Solberg, d’autres accidents et sorties ont rappelé que le Monte‑Carlo récompense autant la prudence que l’audace; les équipes ont dû arbitrer entre pousser fort pour les temps et préserver la voiture pour la suite de l’épreuve.
Perspectives sportives et héritage familial
Oliver Solberg, fils du champion du monde 2003 Petter Solberg, cherche encore à inscrire son nom au palmarès du Monte‑Carlo: il vise une première victoire sur cette classique, alors que Petter avait réalisé un podium ici en 2012 (troisième place). Ce parallèle familial ajoute une dimension émotionnelle à la performance d’Oliver.
Avec un avantage de plus d’une minute en tête et une Toyota aux avant‑postes, la suite du rallye (samedi quatre spéciales dont le super‑spécial sur le circuit de Monaco et dimanche la Power Stage de La Bollène‑Vésubie / Moulinet) promet des affrontements pour les points bonus et la gestion des écarts.
Les médias internationaux ont déjà salué la démonstration d’ensemble de Toyota, mais les observateurs rappellent que l’épreuve n’est pas terminée: entre les pièges hivernaux et la pression des attaques en fin d’épreuve, tout reste à jouer.
En conclusion provisoire, le Rallye Monte‑Carlo 2026 a offert un début de saison spectaculaire où la maîtrise d’Oliver Solberg et la cohésion de Toyota Gazoo Racing ont fait la différence. Solberg mène un triplé Toyota après deux jours intenses, mais la route vers Monaco et la Power Stage reste semée d’embûches.
La prudence demeure le maître‑mot: entre météo capricieuse, spéciales décisives et une foule nombreuse sur les routes alpines, la suite du rallye exigera constance et sang‑froid. Les prochains chrono décideront si cette domination précoce se transforme en victoire historique pour Solberg.
