Sports-Auto.fr Général Cadillac fait ses premiers tours en F1

Cadillac fait ses premiers tours en F1


Cadillac a officiellement fait ses premiers tours en F1 cet hiver, marquant une étape symbolique pour l’arrivée de la marque américaine dans la catégorie reine. Après des sorties privées et des séances de shakedown échelonnées entre novembre 2025 et janvier 2026, l’équipe a accumulé des kilomètres utiles principalement pour roder ses procédures et ses équipes.

Ces premières sorties ont eu un double objectif : valider des systèmes de base et, surtout, « entraîner les personnes, pas la voiture », pour reprendre la formule de Graeme Lowdon. Entre Imola, Silverstone et Barcelone, Cadillac en F1 a privilégié l’apprentissage opérationnel avant la recherche de performances pures.

Les tout premiers tours publics à Silverstone

Le 16 janvier 2026 restera une date importante : Sergio Pérez a effectué les premiers tours publics de Cadillac lors d’une journée de filming/shakedown à Silverstone. Ces runs avaient pour but des vérifications systèmes à faible kilométrage et se sont déroulés en conditions limitées.

Le CEO Dan Towriss a qualifié l’événement de « moment de fierté » tandis que le team principal Graeme Lowdon a souligné l’importance de la journée pour faire « geler » l’équipe en environnement de garage réel. L’événement a permis au staff de travailler ensemble sous pression et d’affiner les routines en piste et au stand.

Les pilotes ont partagé leur émotion : Sergio Pérez a indiqué « Today was really an amazing day… it was emotional to be part of motorsport history… it’s absolutely fired me up for more. » Valtteri Bottas a ajouté « As a team, we made history today… Checo put in the first laps with the car running smoothly. » Ces réactions ont renforcé la portée symbolique de cette première sortie.

Imola : test TPC avec une SF‑23 prêtée par Ferrari

Avant Silverstone, Cadillac a mené une véritable séance TPC (Testing of Previous Cars) à Imola les 13 et 14 novembre 2025, utilisant une Ferrari SF‑23 prêtée et habillée en finition « stealth » noire. L’objectif principal n’était pas d’évaluer une nouvelle monoplace, mais d’habituer les mécaniciens à une vraie F1.

Des comptes‑rendus ont évoqué des kilométrages importants pendant ces deux jours, avec environ 90+ tours par jour pour Sergio Pérez et près de 903 km cumulés selon certaines couvertures. Ces chiffres attestent d’une utilisation intensive pour répéter pit‑stops, procédures de garage et interactions logistiques.

Le prêt de la SF‑23 par Ferrari illustre aussi les coopérations en coulisses : permettre à une nouvelle équipe d’apprendre sur une voiture éprouvée facilite la montée en compétence avant de passer à des prototypes ou à leur propre matériel.

Barcelona : kilométrage, chronos et progression

La phase de shakedown privée à Barcelone fin janvier 2026 a permis à Cadillac d’atteindre 164 tours sur les cinq jours présents, plaçant l’équipe neuve 9e en termes de kilométrage parmi les structures présentes. Le total a été utile pour accumuler données et éprouver la fiabilité des systèmes.

Sur les feuilles de temps, Valtteri Bottas a signé le meilleur chrono de l’équipe avec 1:20.920, tandis que Sergio Pérez a réalisé 1:21.024 lors de ses journées de roulage. Ces références restent à relativiser : l’objectif principal était la collecte d’informations et non la confrontation directe de performance.

Les observateurs ont noté que Cadillac travaillait encore sur des problèmes de fiabilité et des réglages systèmes, mais que la cohésion d’équipe et la qualité des retours augmentaient au fil des jours, préparation indispensable avant les essais officiels et l’ouverture de la saison à Melbourne.

Motorisation : accord initial avec Ferrari et feuille de route technique

Sur le plan moteur, Cadillac a sécurisé un accord multianuel avec Ferrari pour la fourniture de power‑unit et boîtes de vitesses pour les premières saisons, sous réserve de l’approbation finale de l’entrée en championnat. Ce choix pragmatique permet à la nouvelle écurie d’entrer en compétition sans attendre un moteur maison.

Parallèlement, General Motors et Cadillac ont exprimé l’intention de développer ensuite leur propre groupe propulseur, avec une cible de construction interne quelques années après l’entrée. Cette feuille de route technique nécessite toutefois des ressources, du temps et une intégration prudente pour rester compétitifs.

Le partenariat avec Ferrari offre aussi un avantage opérationnel immédiat : accès à des technologies éprouvées et à une base de connaissances qui facilite le démarrage, comme l’illustre le prêt de la SF‑23 pour les séances TPC à Imola.

Direction, structure et implantation transatlantique

L’opération Cadillac en F1 est conduite sous l’égide de TWG/Cadillac/General Motors avec Graeme Lowdon en tant que team principal et Dan Towriss comme CEO de la société dédiée. La structure est clairement transatlantique, combinant des bases et activités à Charlotte, Silverstone et un hub aux États‑Unis.

Cette configuration vise à tirer parti des compétences européennes en ingénierie F1 tout en mobilisant les ressources du groupe américain. L’enjeu consistera à harmoniser la chaîne décisionnelle, les flux logistiques et le recrutement à travers plusieurs sites.

Les reportages ont relevé que l’équipe mettait l’accent sur la montée en compétence des effectifs, par des répétitions de procédures et des runs ciblés, pour réduire le risque d’erreurs opérationnelles lors des premières manches de la saison.

Pilotes, expérience et rôle de leadership

Cadillac a confirmé un duo d’expérience pour 2026 : Sergio Pérez et Valtteri Bottas, annoncés le 26 août 2025. Leur palmarès combiné de plus de 500 Grands Prix et plus de 100 podiums apporte un capital d’expérience important à une équipe naissante.

La présence de pilotes confirmés aide à stabiliser le développement, à fournir des retours de haute qualité aux ingénieurs et à attirer des sponsors et partenaires. Les réactions des pilotes durant les premières sorties ont été positives et chargées d’émotion.

Au-delà du pilotage, Pérez et Bottas ont joué un rôle dans la validation des procédures et la mise en place du travail en garage, contribuant à « entraîner les personnes » comme l’a décrit Graeme Lowdon, et non uniquement à rechercher des chronos rapides.

Livery, marketing et feuille de route immédiate

Pour les premières séances, Cadillac a opté pour une livrée de test « stealth » en carbone apparent, où figurent les noms des membres fondateurs. Ce look discret a servi aux essais avant la présentation officielle de la livrée de course.

Le plan marketing prévoyait une révélation spectaculaire du design officiel via une publicité diffusée lors du Super Bowl le 8 février 2026, destinée à un lancement mondial. Cette stratégie illustre l’ambition commerciale et la volonté de Cadillac d’entrer en F1 en tant que marque premium.

La feuille de route récente suit un ordre clair : Imola (TPC, nov. 2025) → Silverstone (filming/shakedown, 16 janv. 2026) → Barcelone (shakedown, fin janv. 2026) → révélation de la livrée (8 févr. 2026) → préparation finale avant Melbourne (mars 2026). Les priorités immédiates restent la fiabilité et l’accumulation de kilométrage utile.

Enjeux et regard des médias

La tonalité générale des médias (Motorsport, f1i, Crash.net, Sky Sports, Autoweek, etc.) est double : admirer la portée historique des premiers tours tout en rappelant que la performance réelle demeure inconnue. Les compte‑rendus insistent sur les défis techniques à résoudre.

Le principal défi mentionné est d’acquérir un kilométrage fiable sous les nouvelles règles techniques 2026, tout en intégrant des opérations multi‑sites. Les premières sorties ont montré des progrès mais aussi des éléments de fiabilité à peaufiner.

En résumé, Cadillac en F1 avance par étapes pragmatiques : formation des équipes, partenariats techniques, montée en puissance progressive avant d’espérer se mêler à la lutte de la grille. Les prochains mois seront déterminants pour transformer ces premiers tours symboliques en compétitivité concrète.

Les premières apparitions de Cadillac sur circuit ont tenu leurs promesses symboliques et opérationnelles : l’équipe a montré qu’elle pouvait mobiliser pilotes, ingénieurs et partenaires pour poser les bases d’un projet ambitieux. Les séances à Imola, Silverstone et Barcelone auront servi d’école pratique pour tout le personnel.

Reste maintenant à transformer ces acquis en performance mesurable sur la grille. Entre les ajustements techniques, l’intégration du power‑unit Ferrari et le développement futur d’une unité de puissance GM, la route vers la première course à Melbourne sera une période d’apprentissage intensif , à suivre de près pour tous les passionnés de F1.