Sports-Auto.fr Général Essais de pré-saison à Bahreïn : premières impressions sur les monoplaces 2026

Essais de pré-saison à Bahreïn : premières impressions sur les monoplaces 2026


Les Essais de pré-saison à Bahreïn ont enfin levé le voile sur la génération 2026 des monoplaces, offrant un premier aperçu des forces en présence et des défis techniques à apprivoiser. Avec des chronos déjà affûtés, des procédures de départs revisitées et une aérodynamique active sous les projecteurs, Sakhir a servi de laboratoire à ciel ouvert.

Au-delà des temps de référence, ces six journées ont montré des visages contrastés entre fiabilité, rythme pur et capacité à rouler longtemps. Les pilotes ont livré des retours sans filtre sur le style de pilotage imposé par les nouvelles unités de puissance, tandis que le paddock s’est enflammé autour d’une innovation Ferrari qui pourrait bien redessiner l’art et la manière de gagner en ligne droite.

Cadre, calendrier et nouveauté sur la grille

Le programme 2026 s’est articulé autour de deux sessions d’essais à Sakhir, pour un total de six jours, avec des journées clés les 11 et 13 février pour le Bahrain Test 1, puis les 18 et 20 février pour le Bahrain Test 2. Les Essais de pré-saison à Bahreïn ont donc rythmé l’hiver avant le départ de la saison à Melbourne, prévu du 06 au 08 mars 2026.

L’événement a également été marqué par la première apparition de la onzième équipe, Cadillac. Une arrivée très scrutée, l’équipe ayant rapidement provoqué un drapeau rouge dès son premier tour, avant de repartir et d’accumuler de l’expérience précieuse sur un package encore jeune.

Sur le plan logistique et sportif, ces essais ont joué un rôle-clé: apprivoiser les nouvelles règles 2026, valider la corrélation soufflerie/simulateur, et dégrossir les systèmes, de l’aéro active aux cartographies d’énergie. Tous n’ont pas progressé au même rythme, préfigurant une hiérarchie mouvante d’ici Melbourne.

Chronos de référence: Norris ouvre, Leclerc conclut

Dès le Jour 1, Lando Norris (McLaren) a donné le ton en signant un 1:34.669, meilleur temps de la journée. Max Verstappen (Red Bull) a suivi de près à +0.129 s, tandis que Charles Leclerc (Ferrari) s’emparait du troisième chrono et Esteban Ocon plaçait Alpine au quatrième rang. Un premier cliché encourageant pour McLaren et un indicateur que Red Bull reste bien dans le jeu.

Le Jour 2 a souri à Ferrari: Charles Leclerc a signé un 1:34.273 le matin tout en abattant 139 tours au total, tandis que Norris réalisait le plus gros kilométrage de la journée avec 149 boucles. À ce stade, les équipes ont privilégié l’empilement de runs pour fiabiliser et multiplier les comparaisons de modes actifs et d’énergie.

La véritable référence est toutefois tombée lors de la dernière journée: Leclerc a claqué un impressionnant 1:31.992, établissant la marque à battre de ces Essais de pré-saison à Bahreïn. Contraste saisissant, Aston Martin n’a parcouru que 6 tours ce même jour, contrainte à l’immobilisme après une série de soucis.

Fiabilité contrastée et volumes de roulage

La fiabilité a dessiné des trajectoires bien distinctes. Mercedes a vu son élan coupé par un problème d’unité de puissance, Kimi Antonelli ne couvrant que 3 tours le matin du Jour 2. Red Bull a été freinée par une fuite hydraulique apparue au montage, tandis que Cadillac a déclenché un drapeau rouge dès son premier tour avant de reprendre sans autre frayeur majeure.

En matière de kilomètres, McLaren et Williams ont impressionné lors du premier test à Bahreïn, toutes deux dépassant le cap des 2 284 km. À l’inverse, Mercedes est restée en retrait au total de tours à cause de ses soucis, et Aston Martin n’a pu faire mieux que “juste au‑dessus de 1 000 km”, une base de données limitée au regard des exigences de 2026.

Le bilan consolidé sur six jours met en lumière Williams: 790 tours, soit 4 275 km, troisième total de la grille. On retiendra aussi une “journée type” marathon avec 141 tours pour Carlos Sainz lors du dernier jour, capture d’écran de l’endurance imposée par ces essais et de la nécessité d’enchaîner les runs pour fiabiliser chaque brique du package.

Départs: une nouvelle chorégraphie sans MGU‑H

La FIA a prolongé les essais de procédures de départ au Bahrain Test 2, l’objectif étant de valider une séquence plus longue adaptée aux unités de puissance 2026. Sans MGU‑H, les pilotes doivent “monter dans les tours” environ dix secondes afin de lancer le turbo, une habitude à prendre qui modifie le ressenti et la fenêtre d’embrayage.

George Russell a parlé de “mes pires départs en F1” à propos de ses deux tentatives, signe que la courbe d’apprentissage est réelle, tout en soulignant la force des Ferrari à l’extinction des feux. La coordination pilote/système devient critique, entre régime cible, gestion d’anti-calage et transfert de couple électrique/thermique au centième près.

À court terme, on peut s’attendre à des écarts plus marqués sur la grille, le temps que les équipes calibrent finement embrayages, cartographies et couple MGU‑K. Les Essais de pré-saison à Bahreïn ont ainsi servi de répétition générale pour une procédure de départ 2026 sensiblement différente de la précédente ère hybride.

Unités de puissance 2026 et gestion d’énergie

Le règlement 2026 acte la suppression du MGU‑H, tandis que le MGU‑K grimpe à 350 kW. L’objectif de répartition de puissance vise un équilibre proche de 50/50 entre thermique et électrique, le tout alimenté par un carburant durable avancé. Sur la piste, cela se traduit par une stratégie d’énergie omniprésente, tour après tour.

Les modes actifs sont renommés Corner/Straight et s’accompagnent d’un Overtake Mode, une aide au dépassement donnant un supplément d’énergie à la voiture suiveuse. Le système change la manière de défendre/attaquer: placement en sortie de virage, déclenchement optimal et synchronisation avec la cartographie turbo-électrique font la différence.

Max Verstappen a résumé un sentiment partagé par plusieurs pilotes: ces F1 ne sont “pas très fun… un peu comme la Formula E sous stéroïdes”, pointant l’importance accrue de la gestion d’énergie. Entre art de l’économie et agressivité calibrée, 2026 impose une nouvelle grammaire de pilotage que les équipes apprennent encore à parler.

Active aero: le “flip” intrigant de la Ferrari

Ferrari a fait jaser avec un volet supérieur d’aileron arrière capable de pivoter jusqu’à se retourner en Straight Mode, une sorte de “flip” qui réduit massivement la traînée. À cela s’ajoute un “flow turning device” soufflant l’extracteur, conçu pour mieux guider l’écoulement et soutenir l’efficacité du diffuseur quand l’aile passe en mode faible traînée.

Les médias spécialisés ont confirmé avoir brièvement observé l’aileron arrière rotatif au cours du roulage de Lewis Hamilton lors du Test 2, déclenchant de vives réactions dans le paddock. Entre incrédulité et admiration, la solution interroge autant sur sa window of operation que sur sa robustesse en roulage perturbé et en appuis latéraux.

Au-delà de la curiosité, l’enjeu est double: maximiser la vitesse de pointe en Straight Mode sans dégrader la stabilité en Corner Mode, tout en restant dans le cadre des modes actifs autorisés. Si la solution s’avère exploitable en course, elle pourrait offrir à Ferrari un atout stratégique majeur sur les lignes droites de Melbourne et au-delà.

Hiérarchie provisoire et signaux faibles

Mercedes a nuancé l’embellie affichée plus tôt à Barcelone: George Russell parle d’un “reality check” à Bahreïn et estime Red Bull “l’équipe à battre” au tout début de ces essais. Le chrono de Leclerc et la vigueur des départs Ferrari plaident toutefois pour une Scuderia affûtée, au moins sur les tours rapides et certaines phases de gestion.

McLaren coche la case solidité avec un énorme kilométrage et des temps compétitifs, tandis que Williams signe l’un des meilleurs volumes de roulage de la grille sur les six jours. À l’inverse, Aston Martin devra effacer une dernière journée cauchemardesque (6 tours) et combler le déficit de données, et Mercedes sécuriser la fiabilité PU pour libérer son programme.

Cadillac, pour sa première, a connu les aléas classiques d’un baptême du feu avec un drapeau rouge initial puis une remise en route constructive. À l’approche de Melbourne, les Essais de pré-saison à Bahreïn laissent entrevoir une hiérarchie Red Bull, Ferrari, McLaren en tête d’affiche, mais le vrai delta en rythme course reste à quantifier une fois les cartes stratégiques abattues.

La transition 2026, avec ses modes Corner/Straight et l’Overtake Mode, pourrait redistribuer les opportunités en bataille. La capacité à convertir l’énergie en performance au bon moment , et à fiabiliser des architectures désormais très électro‑dépendantes , sera la clef des premiers Grands Prix.

En conclusion, ces six jours à Sakhir ont confirmé l’ampleur du changement réglementaire et laissé transparaître des solutions techniques audacieuses, à commencer par l’aéro active Ferrari. Les Essais de pré-saison à Bahreïn ont surtout mis en lumière l’importance de la fiabilité et du kilométrage pour stabiliser des packages encore en rodage.

Si Red Bull part sans doute favorite, Ferrari a frappé les esprits, McLaren a capitalisé sur le volume, et Williams a validé une base solide. Reste à voir comment ces tendances se traduiront à Melbourne, au cœur d’un week-end où la gestion d’énergie, les départs version 2026 et les modes actifs écriront les premières lignes de la saison.