Le 12 février 2026 restera comme une date charnière pour l’IndyCar moderne. En annonçant simultanément la prolongation de Chevrolet et Honda comme motoristes officiels de la NTT INDYCAR SERIES jusqu’au moins 2028, la discipline nord‑américaine verrouille l’un de ses piliers historiques : la présence de deux grands constructeurs engagés dans une rivalité technologique et sportive de premier plan. INDYCAR a confirmé qu’il s’agit d’accords pluriannuels à compter de 2027, qui couvrent toute la période de transition vers la nouvelle génération de voitures hybrides prévue pour 2028.
Au‑delà de la simple prolongation, cette annonce met fin à de longues spéculations autour d’un éventuel retrait de Honda et clarifie le cap technique de la série, notamment avec l’introduction annoncée d’un V6 2,4 litres bi‑turbo hybride. En parallèle, l’IndyCar met en place un système novateur de charters pour les constructeurs à partir de 2028, renforçant ainsi le rôle structurel de Chevrolet et Honda. Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’une « journée monumentale » pour l’IndyCar, tant sur le plan sportif qu’économique.
Un engagement prolongé jusqu’à l’ère hybride 2028
INDYCAR a officialisé que Chevrolet et Honda ont signé une prolongation de contrat pluriannuelle à partir de la saison 2027, ce qui garantit leur présence jusqu’à l’introduction de la nouvelle voiture hybride en 2028. Les détails exacts de la durée ne sont pas rendus publics, mais la nature « multiyear » des accords sécurise la fenêtre cruciale de transition réglementaire. Pour la série reine du monoplace nord‑américain, verrouiller ses deux motoristes historiques sur cette période sensible est un signal fort de continuité.
Ce prolongement s’inscrit dans le cadre du futur passage de la série à un moteur V6 2,4 litres bi‑turbo hybride, prévu pour accompagner la nouvelle génération de châssis en 2028. Chevrolet et Honda ne se contenteront pas de fournir des blocs : ils participeront directement à la définition du moteur et des règles techniques associées. INDYCAR insiste sur le fait que les deux constructeurs seront « fortement impliqués » dans la mise au point de la nouvelle voiture et des futures règles de compétition.
Le communiqué relayé notamment par Autoextremist souligne qu’il s’agit d’un « engagement pluriannuel » en tant qu’OEM officiels, assorti d’un investissement financier qualifié de « significatif ». Les accords portent sur la fourniture des moteurs, l’accompagnement promotionnel et le développement technique jusqu’au lancement de la voiture 2028. Dans un contexte où les coûts et l’innovation technologique sont au cœur des discussions, ce partenariat élargi permet à l’IndyCar de planifier l’avenir avec davantage de sérénité.
Fin des rumeurs et clarification stratégique pour Honda
Pendant près de deux ans, la rumeur d’un possible retrait de Honda de l’IndyCar a alimenté les spéculations. L’Associated Press rappelle que le constructeur japonais déclarait « évaluer » l’ensemble de ses programmes sportifs, évoquant même un potentiel engagement en NASCAR. Le contrat actuel de Honda arrivant à échéance fin 2026, certains observateurs redoutaient un scénario où Chevrolet se retrouverait seul motoriste de la série. La signature de cette prolongation met donc un terme net à ces incertitudes.
AP souligne d’ailleurs que Chevrolet s’est dit en mesure de motoriser seul l’ensemble du plateau si Honda avait choisi de partir, ce qui illustre la solidité de l’engagement de General Motors. Néanmoins, l’IndyCar a toujours privilégié un modèle multi‑constructeurs, considéré comme plus attractif sportivement et plus résilient économiquement. Le renouvellement de Honda, associé à celui de Chevrolet, valide donc la stratégie d’INDYCAR : maintenir une concurrence technologique tout en assurant la stabilité à long terme.
David Salters, président de Honda Racing Corporation USA, a salué l’accord en rappelant que Honda prolonge ainsi une présence de plus de 30 ans en IndyCar. Selon ses déclarations rapportées par AP, cette continuité offre au constructeur l’opportunité de renforcer ses équipes et ses technologies au plus haut niveau du monoplace nord‑américain. Dans le même temps, Honda y voit une plateforme idéale pour démontrer son savoir‑faire hybride, en cohérence avec ses ambitions en matière de mobilité électrifiée.
Les nouveaux moteurs hybrides 2,4 L V6 : cœur de la prochaine révolution
Au centre de cet accord, on trouve la prochaine génération de moteurs IndyCar : un V6 2,4 litres bi‑turbo hybride dont le déploiement est prévu en 2028, conjointement avec la nouvelle voiture. Cette architecture résulte d’un long travail de concertation entre INDYCAR, Chevrolet et Honda, avec l’objectif d’allier performances spectaculaires, meilleure efficience énergétique et pertinence technologique pour les gammes routières des constructeurs. La série entend ainsi rester fidèle à son ADN de vitesse et de spectacle, tout en intégrant les impératifs modernes de durabilité.
Chevrolet et Honda seront directement impliqués dans la définition des spécifications du groupe motopropulseur hybride, de la récupération d’énergie au déploiement de puissance, en passant par l’intégration avec les châssis. INDYCAR a confirmé que leur rôle ne se limitera pas au développement du moteur, mais s’étendra aux règles techniques encadrant l’utilisation de l’hybride en course. Cette co‑construction règle d’emblée certaines craintes de déséquilibre ou de surcoûts non maîtrisés.
Pour les deux constructeurs, ce futur moteur offre un terrain d’expérimentation privilégié pour des technologies transférables à leurs programmes routiers, notamment en matière de gestion d’énergie, de downsizing et d’optimisation thermique. Mark Reuss, président de General Motors, parle d’une extension qui « ouvre la voie » à une croissance continue de l’IndyCar et optimise le « transfert de technologie de la course à la route ». À terme, les innovations validées en IndyCar pourraient se retrouver dans les sportives et hybrides de série des deux marques.
Les charters constructeurs : une première historique en IndyCar
Parallèlement au volet purement technique, l’accord introduit une innovation structurelle majeure : l’octroi, à partir de 2028, d’un charter à chacun des deux motoristes. Jusqu’ici, le système de charters, inspiré de la NASCAR, concernait uniquement les équipes. C’est la première fois dans l’histoire de l’IndyCar que des constructeurs reçoivent ce type de statut, faisant de Chevrolet et Honda des acteurs encore plus intégrés au modèle économique de la série.
Ces charters OEM s’inscrivent dans la réforme globale annoncée en 2024 pour stabiliser et valoriser la grille. En garantissant à Chevrolet et Honda une place institutionnelle à long terme, ils renforcent leur rôle dans la gouvernance technique et commerciale du championnat. J. Douglas Boles, président d’INDYCAR, a décrit ce statut de « charter entrants » comme une « nouvelle et excitante opportunité de construire sur leurs incroyables héritages en IndyCar tout en aidant à livrer une voiture nouvelle, innovante et de pointe en 2028 ».
Le système est toutefois encadré pour éviter les dérives. D’après les précisions de l’Associated Press, les équipes qui possèdent déjà le maximum de trois charters ne pourront pas ajouter une quatrième voiture via les nouveaux charters accordés aux motoristes. Cette limitation vise à contenir la taille des structures les plus puissantes et à préserver l’équilibre compétitif. Pour l’IndyCar, il s’agit de concilier sécurité économique pour les acteurs en place et ouverture raisonnée à de nouvelles équipes ou configurations.
Chevrolet : un palmarès dominant et une ambition intacte
Depuis son retour comme motoriste en 2012, Chevrolet a largement marqué de son empreinte l’IndyCar moderne. Le constructeur américain a décroché 9 des 14 championnats organisés jusqu’en 2025 et totalise désormais 16 titres constructeurs dans l’histoire de la série. Cette domination statistique illustre la profondeur de l’engagement technique de Chevrolet, tant en matière de performance pure que de fiabilité. Prolonger jusqu’au‑delà de 2027 permet à la marque au nœud papillon de se projeter dans la nouvelle ère hybride avec la volonté de poursuivre ce palmarès.
Mark Reuss a expliqué que cette extension d’accord « ouvre la voie » à une croissance continue du championnat, mais aussi à une meilleure exploitation du laboratoire technologique que constitue l’IndyCar pour General Motors. À travers ses programmes, Chevrolet revendique une capacité à transférer les enseignements de la piste vers ses modèles de route, notamment dans le domaine des moteurs turbocompressés, de la gestion thermique et bientôt des systèmes hybrides haute performance.
AP rapporte également que Chevrolet se sentait en mesure de motoriser seul la grille en cas de retrait de Honda, ce qui met en lumière l’ampleur des ressources mobilisées par GM pour cette discipline. Néanmoins, la préférence va clairement à un duel technologique : la présence de Honda incite Chevrolet à repousser sans cesse ses limites, pour le bénéfice direct du spectacle et de la réputation internationale de l’IndyCar.
Honda : trois décennies de fidélité et un cycle gagnant
Honda, de son côté, affiche une longévité remarquable en IndyCar. Engagé comme motoriste depuis 1994, le constructeur japonais a même assuré le rôle de fournisseur unique durant six saisons (2006 et 2011 notamment). En configuration multi‑constructeurs, Honda a conquis son 11e titre fabricants en 2025, avec un impressionnant total de 5 couronnes sur les 8 dernières saisons. Ce cycle victorieux a pesé dans la balance au moment de choisir de prolonger au‑delà de 2026.
Sur le plan des championnats pilotes, la domination récente de Honda est encore plus spectaculaire. AP rappelle qu’Álex Palou, au volant d’une Honda du Chip Ganassi Racing, a remporté quatre titres depuis 2021. Cette série de succès illustre à la fois le niveau de performance des moteurs Honda et la solidité de leurs partenariats avec certaines des équipes les plus prestigieuses du plateau. Prolonger la collaboration permet de capitaliser sur cette dynamique, en la projetant dans l’ère hybride.
Dans ses commentaires, David Salters insiste sur la dimension de continuité : en dépassant les 30 ans de présence, Honda consolide une relation structurante avec l’IndyCar. Cette stabilité favorise aussi la planification à long terme des programmes sportifs et permet de tisser des liens durables avec les ingénieurs, les équipes et les pilotes. Pour Honda, l’IndyCar reste ainsi une vitrine clé de ses technologies de moteurs thermiques avancés et, demain, de ses solutions hybrides haute performance.
Stabilité, investissements et « journée monumentale » pour l’IndyCar
Les analyses d’Autoextremist et de l’Associated Press convergent : le double renouvellement de Chevrolet et Honda ancre l’IndyCar dans une nouvelle ère de stabilité technique et commerciale. Après plusieurs années marquées par des discussions sur les coûts, les réglementations hybrides et l’arrivée de nouveaux investisseurs, cette annonce apporte une visibilité rare dans le monde du sport automobile. La série peut désormais planifier l’introduction de la voiture 2028 avec l’assurance de disposer de deux partenaires majeurs et impliqués.
Au plan économique, cette prolongation s’inscrit dans un contexte plus vaste de renforcement de la viabilité de la série. L’introduction du système de charters, la sécurisation des motoristes et les nouveaux accords médias, dont l’entrée de Fox au capital de Penske Entertainment en 2025, forment un ensemble cohérent. INDYCAR parle d’investissements « significatifs » de la part des OEM, tandis que les nouveaux partenaires médias offrent des perspectives accrues de diffusion et de revenus commerciaux.
Dans les reprises de communiqué publiées par YourNews et Autoextremist, la date du 12 février 2026 est qualifiée de « journée monumentale » pour l’IndyCar. Ce jugement prend tout son sens : en verrouillant ses deux constructeurs historiques, en clarifiant la transition vers l’hybride 2028 et en consolidant son modèle économique grâce aux charters et aux nouveaux investisseurs, la série s’offre un socle solide pour bâtir la prochaine décennie. Reste désormais à transformer cette promesse en spectacle, en innovation et en croissance durable.
En prolongeant leur partenariat avec l’IndyCar jusqu’en 2028, Chevrolet et Honda font bien plus que signer un nouveau contrat de fourniture moteur. Ils s’engagent au cœur d’un projet global qui combine révolution technique, refonte structurelle et sécurisation économique de la discipline. La perspective du V6 2,4 litres bi‑turbo hybride, couplée à la nouvelle voiture 2028, place les deux constructeurs dans une position stratégique pour façonner l’avenir du monoplace nord‑américain.
Pour l’IndyCar, cette double prolongation apparaît comme une garantie de continuité et d’ambition. La rivalité Chevrolet‑Honda, déjà riche de titres et d’innovations, va pouvoir s’exprimer dans un cadre encore plus compétitif et technologiquement pertinent. À l’heure où le sport automobile se réinvente sous la pression des enjeux environnementaux et économiques, l’IndyCar semble avoir trouvé, avec ces accords, un équilibre prometteur entre tradition, spectacle et modernité.
