Sports-Auto.fr IndyCar Chevrolet et Honda prolongent leur partenariat avec l’IndyCar jusqu’en 2028

Chevrolet et Honda prolongent leur partenariat avec l’IndyCar jusqu’en 2028


Chevrolet et Honda ont officiellement levé le voile sur l’avenir de leur engagement en IndyCar, en confirmant la prolongation de leur rôle de motoristes au‑delà de 2026. Cette annonce met fin à des mois de spéculations, notamment autour d’un possible retrait de Honda, et trace une feuille de route technique et économique qui va profondément marquer la NTT IndyCar Series jusqu’à la fin de la décennie.

Au‑delà de la simple reconduction des contrats, ce nouvel accord s’inscrit dans un contexte de transformation globale de la série : arrivée d’une nouvelle génération de voitures en 2028, introduction complète de la technologie hybride et déploiement d’un système de « charters » qui redessine les équilibres de pouvoir entre équipes, organisateur et constructeurs. L’engagement renouvelé de Chevrolet et Honda apparaît ainsi comme un vote de confiance massif dans la croissance de l’IndyCar et dans son modèle économique à long terme.

Un accord pluriannuel qualifié d’« historique » par l’IndyCar

L’IndyCar a officialisé un engagement pluriannuel de Chevrolet et Honda en tant que constructeurs officiels de moteurs pour la NTT IndyCar Series. Les contrats actuels arrivant à échéance fin 2026, les nouveaux accords entreront en vigueur à partir de la saison 2027 et sont annoncés comme courant « sur plusieurs années », sans qu’une date d’échéance précise ne soit dévoilée publiquement. Cette continuité garantit une stabilité essentielle pour les équipes et pour l’ensemble de l’écosystème de la série.

J. Douglas Boles, président d’IndyCar, n’a pas hésité à parler de journée « historique » pour la discipline. Il a salué un engagement « massif » de deux partenaires décrits comme « parmi les plus fiables » de la série, soulignant l’ampleur de l’investissement financier consenti. Selon lui, Chevrolet et Honda ont travaillé « sans relâche » avec IndyCar au cours des douze derniers mois pour ficeler ces accords, reflet de leur volonté partagée de capitaliser sur la dynamique positive anticipée pour la saison 2025 et au‑delà.

Si les montants ne sont pas rendus publics, tout indique qu’il s’agit d’un des plus importants paquets contractuels de l’histoire récente de l’IndyCar. Le maintien de deux motoristes de premier plan permet à la série de consolider son image de championnat de monoplaces de référence en Amérique du Nord, tout en ouvrant la porte à de futures discussions avec d’éventuels nouveaux arrivants, rassurés par la solidité de l’architecture sportive et économique.

Un futur hybride : cap sur le V6 2,4 L biturbo de 2028

Au cœur de cette prolongation se trouve un projet technique d’envergure : le lancement d’une nouvelle génération de voitures IndyCar pour la saison 2028, dotées d’un tout nouveau package moteur. Chevrolet et Honda sont appelés à jouer un rôle central dans la définition du règlement moteur et sportif qui encadrera cette transition. L’objectif est d’intégrer une technologie hybride de manière cohérente avec l’ADN de la série, faite de puissance brute, de vitesse sur ovales et de diversité de circuits.

La pierre angulaire de ce futur règlement sera un V6 2,4 L biturbo hybride, dont les paramètres précis , puissance totale, niveau d’assistance électrique, modes de déploiement , restent à préciser. La direction prise est toutefois claire : rapprocher davantage la compétition des priorités technologiques des constructeurs, en particulier en matière d’efficacité énergétique et de récupération d’énergie, tout en préservant le spectacle. La promesse est celle de voitures plus performantes, plus efficientes et plus en phase avec les tendances de l’industrie automobile.

Pour Chevrolet comme pour Honda, ce nouveau package représente un formidable laboratoire de R&D. Mark Reuss, président de General Motors, a insisté sur la capacité accrue à maximiser le transfert de technologie « de la piste à la route » grâce à ce partenariat prolongé. Du côté de Honda, David Salters, patron de Honda Racing Corporation USA, voit dans cette étape hybride un moyen de continuer à développer les talents et la technologie de la marque « au sommet de la monoplace en Amérique du Nord », en droite ligne avec plus de trois décennies de présence en IndyCar.

Charters 2028 : un nouveau pouvoir pour Chevrolet et Honda

La grande innovation structurelle associée à ces nouveaux accords est l’introduction, à partir de 2028, d’un charter réservé à chaque constructeur. Concrètement, Chevrolet et Honda bénéficieront chacun d’une entrée « plein temps » garantie en IndyCar, qu’ils pourront exploiter via une équipe partenaire. Il s’agit d’un changement majeur, car jusqu’ici les motoristes n’étaient présents qu’à travers les équipes clientes, sans droit direct à une place garantie sur la grille.

Ce charter constructeur s’ajoute au système de 25 charters mis en place par IndyCar à partir de septembre 2024, attribués selon les engagements full‑time sur les saisons 2022‑2023, avec une limite de trois charters par équipe. Une règle clé encadre l’utilisation des nouveaux charters : une structure qui possède déjà trois charters ne peut pas en exploiter un quatrième via un constructeur. En pratique, cela exclut des géants comme Team Penske ou Chip Ganassi Racing de l’hébergement de cette entrée supplémentaire, ouvrant ainsi des opportunités à des équipes de taille intermédiaire ou montantes.

Pour les motoristes, ce charter représente bien plus qu’une voiture supplémentaire en piste. Il s’agit d’un véritable siège à la table des propriétaires, avec un intérêt capitalistique et une voix renforcée dans les discussions de gouvernance sportive et commerciale. L’accès direct à un charter a été un incitatif déterminant pour convaincre Chevrolet et Honda de s’engager sur le long terme, en alignant davantage leurs intérêts économiques avec ceux de la série et des équipes.

Le nouveau « charter system » comme levier stratégique

Dévoilé en septembre 2024, le système de charters IndyCar constitue le socle économique auquel se greffent les prolongations de Chevrolet et Honda. En figeant 25 entrées à temps plein , assorties de certains droits commerciaux, de garanties de participation et de potentiels flux de revenus , IndyCar cherche à offrir aux équipes une visibilité comparable à celle déjà observée dans d’autres championnats américains majeurs. La limite de trois charters par équipe permet de contenir la concentration de pouvoir et de maintenir un certain niveau de compétitivité sur la grille.

L’extension de ce dispositif aux motoristes à partir de 2028 est perçue comme un accélérateur d’engagement. En leur donnant une position quasi actionnariale et une place institutionnalisée dans l’écosystème, IndyCar incite Chevrolet et Honda à penser leurs investissements sur des cycles plus longs. Pour Honda, qui avait publiquement critiqué la hausse des coûts en IndyCar par le passé, ce modèle de charter apporte une logique plus claire de retour sur investissement, en couplant visibilité, gouvernance et éventuelle valorisation financière de la place obtenue.

Sur le plan stratégique, ce système est également pensé comme une rampe d’accès pour de futurs constructeurs potentiels. La combinaison d’un règlement technique moderne (hybride, V6 2,4 L) et d’une architecture économique stabilisée rend l’IndyCar plus lisible et plus attractive. À moyen terme, IndyCar espère pouvoir se présenter comme une plateforme de choix pour des marques souhaitant briller sur le marché nord‑américain sans nécessairement s’engager en Formule 1.

Honda reste en IndyCar : fin d’une rumeur persistante

La confirmation de la prolongation de Honda avec l’IndyCar met un terme à une période de flottement qui inquiétait nombre d’observateurs. Depuis environ deux ans, la marque japonaise entretenait le flou sur son futur sportif, évoquant une réévaluation de l’ensemble de ses programmes, y compris la possibilité de se tourner vers la NASCAR. Ces spéculations laissaient planer un doute sur la pérennité de la rivalité Chevrolet‑Honda qui structure l’IndyCar moderne.

Avec le nouvel accord, Honda acte non seulement son maintien au‑delà de 2026, mais aussi son implication active dans le développement de la nouvelle voiture et du package moteur hybride 2028. David Salters a rappelé que Honda cumule « plus de 30 ans » de présence en IndyCar, et qu’il existe un profond respect pour l’histoire et l’esprit compétitif de la série. Pour la marque, continuer l’aventure en IndyCar, c’est poursuivre un héritage qui a façonné son image de motoriste de pointe en compétition de monoplaces.

Salters a également mis en avant le rôle du partenariat grandissant entre IndyCar et FOX, en soulignant que cette alliance médiatique contribue à « élever l’expérience des fans » et à rendre l’avenir « incroyablement prometteur ». Une meilleure exposition télévisuelle, couplée à une base technique ambitieuse et à un modèle économique plus robuste, a visiblement pesé dans la décision de Honda de s’aligner sur ce nouveau cycle, au bénéfice d’une continuité sportive très appréciée des équipes actuellement motorisées par la marque.

Palmarès et héritage : la valeur sportive de Chevrolet et Honda

Sur le plan purement sportif, la prolongation de Chevrolet et Honda consolide une rivalité dont les chiffres soulignent l’intensité. Chevrolet, revenu comme motoriste en IndyCar en 2012, a remporté 9 titres constructeurs sur les 14 saisons depuis son retour. Si l’on ajoute ses engagements antérieurs, notamment entre 1988 et 1993, puis en 2002, le constructeur totalise 16 championnats constructeurs IndyCar. Une domination statistique qui témoigne de la profondeur de son expertise et de sa capacité à collaborer efficacement avec des équipes de premier plan.

Honda, présent sans discontinuer depuis 1994, dispose d’un palmarès tout aussi impressionnant. Motoriste unique pendant six saisons, la marque a ensuite prospéré dans l’ère de concurrence multiple, en décrochant 11 titres constructeurs. Plus parlant encore : 5 de ces titres ont été obtenus au cours des 8 dernières années, preuve d’une compétitivité retrouvée et d’une capacité à répondre au défi posé par Chevrolet. Cette rivalité a souvent produit des saisons intenses, marquées par des duels techniques serrés et des stratégies moteur différenciées.

La dimension héroïque de cette lutte se lit aussi à travers les champions qu’elle a portés. Le quadruple champion Alex Palou, titré continuellement depuis 2021, a construit son impressionnante série de couronnes avec un moteur Honda. Son succès renforce la valeur sportive de la prolongation de Honda : conserver la marque, c’est aussi préserver la continuité technique derrière certains des pilotes les plus dominants de l’ère récente. Pour Chevrolet comme pour Honda, ces statistiques sont autant d’arguments marketing que de preuves de la pertinence de poursuivre l’aventure.

Enjeux économiques et calendrier de la nouvelle ère

Les contrats actuels de Chevrolet et Honda en IndyCar arrivant à terme fin 2026, la nouvelle phase s’ouvrira à partir de la saison 2027. Si la durée exacte des accords n’a pas été révélée, de précédents engagements tournaient généralement autour de trois ans. Le fait que le système de charters soit prévu jusqu’en 2031 alimente l’hypothèse d’accords alignés sur ce cycle, ou du moins pensés pour accompagner la série à travers la mise en place complète de cette nouvelle architecture économique.

Honda avait déjà fait part de ses préoccupations concernant la hausse rapide des coûts en IndyCar, notamment avec la montée en puissance des technologies hybrides. Le nouveau modèle, qui associe moteurs, charters et gouvernance renforcée, peut contribuer à mieux justifier l’investissement à long terme. En échange d’un engagement financier important, les motoristes obtiennent non seulement de la visibilité sportive, mais aussi une participation plus structurelle à la réussite économique de la série.

Sur le plan sportif, la feuille de route est claire : la saison 2026 de la NTT IndyCar Series doit débuter le 1er mars à St. Petersburg, marquant la dernière année sous les accords actuels. Les nouvelles conventions moteurs Chevrolet‑Honda s’appliqueront dès 2027, avant l’entrée en vigueur des charters constructeurs et le lancement de la nouvelle voiture, tous deux prévus pour 2028. Ce phasage permet aux équipes, aux motoristes et à l’organisateur de planifier la transition en plusieurs étapes, en limitant les chocs techniques et financiers.

La prolongation conjointe de Chevrolet et Honda avec l’IndyCar jusqu’au‑delà de 2026 ne relève donc pas d’un simple renouvellement administratif. Elle cristallise une vision globale pour la discipline : nouvelles technologies hybrides, architecture économique reconfigurée par les charters et gouvernance offrant aux motoristes un rôle plus direct dans le pilotage stratégique de la série. En sécurisant ses deux piliers techniques historiques, l’IndyCar s’assure une base de stabilité tout en se donnant les moyens d’innover.

Pour les fans, pour les équipes et pour l’industrie, l’enjeu est de taille : réussir le passage à une nouvelle ère sans renier l’ADN spectaculaire qui fait le charme de l’IndyCar depuis des décennies. Les déclarations de J. Douglas Boles, de Mark Reuss et de David Salters convergent vers un même message : l’avenir s’annonce « monumental » et « incroyablement prometteur ». Reste désormais à traduire ces ambitions en performances sur la piste, à l’aube d’une décennie qui pourrait redéfinir le visage de la monoplace en Amérique du Nord.