Le 11 décembre 2025, NASCAR et deux de ses équipes plaignantes ont annoncé la conclusion d’un accord confidentiel mettant fin à un procès antitrust très suivi. L’affaire, qui avait débuté au début de décembre 2025 devant le juge Kenneth D. Bell, s’est arrêtée après neuf jours d’audience, après une suspension et des négociations en chambre.
Au cœur du règlement figure l’introduction d’une modification aux chartes , qualifiée de « evergreen » ou chartes permanentes , qui doit assurer une stabilité à long terme pour certaines équipes. Les détails financiers restent scellés, mais l’accord prévoit le retour des chartes à 23XI Racing et Front Row Motorsports pour la saison 2026.
Contexte juridique et calendrier du procès
Le litige a pris forme après le refus de 23XI Racing et de Front Row Motorsports de signer une nouvelle offre de charte présentée par NASCAR en septembre 2024. Ce dossier, documenté sur près de 112 pages, contenait un délai contraignant et avait été signé par 13 des 15 organisations, mais 23XI et Front Row ont accusé NASCAR d’un « take‑it‑or‑leave‑it » et de pressions.
Les plaignants ont déposé leur plainte et le procès a commencé début décembre 2025. Durant les huit premiers jours d’audience, les équipes ont exposé leur cas, puis le procès a été interrompu pour des négociations en chambre. L’accord est finalement intervenu au neuvième jour, le 11 décembre 2025.
Le juge Kenneth D. Bell, qui présidait l’affaire, a salué le règlement en cour : « I wish we could’ve done this a few months ago. I believe this is great for NASCAR. Great for the future of NASCAR… ». La rapidité de la résolution après des jours d’audience souligne la pression que représentait ce dossier pour l’ensemble du calendrier sportif et commercial.
Les termes essentiels de l’accord : chartes « evergreen » et restitution
Le point clé du règlement est l’amendement prévu aux chartes existantes pour y introduire une forme de « evergreen » , autrement dit des chartes permanentes susceptibles d’offrir davantage de sécurité aux titulaires. Cette modification est conditionnée à la signature d’un amendement par les titulaires concernés.
Par ailleurs, l’accord prévoit que 23XI Racing et Front Row Motorsports récupéreront leurs chartes combinées pour la saison 2026. Les deux équipes disputeront la saison 2025 en grande partie « non‑charter », puis retrouveront un statut de titulaire pour l’année suivante, selon les termes publics du communiqué.
Les modalités financières et certains détails restent confidentiels et scellés par l’accord. NASCAR et les plaignants ont indiqué que les montants et certains éléments contractuels ne seraient pas rendus publics, ce qui limite, pour l’instant, la possibilité d’une évaluation chiffrée complète de l’impact économique.
Parties en cause et enjeux économiques avancés au procès
Les plaignants étaient 23XI Racing , co‑propriété Michael Jordan, Denny Hamlin et Curtis Polk , et Front Row Motorsports, dirigée par Bob Jenkins. Le défendeur était NASCAR, organe gestionnaire de la série. L’affaire mettait en jeu la gouvernance, la répartition des revenus et la valeur même des chartes.
Un économiste témoin durant le procès a avancé des chiffres importants : 23XI et Front Row pourraient prétendre à 364,7 millions USD de dommages, tandis que 36 équipes détentrices de chartes auraient été sous‑rémunérées à hauteur d’environ 1,06 milliard USD sur la période 2021‑2024, selon le témoignage d’expert cité par la presse.
Ces montants ont servi à illustrer les enjeux financiers de la dispute et la potentielle portée d’une décision favorable aux plaignants. Toutefois, la nature scellée du règlement empêche pour le moment de savoir si et comment ces estimations ont été prises en compte dans les termes finaux.
Preuves révélées et tensions internes mises au jour
Le procès a permis la découverte de communications internes et de témoignages qui ont montré un climat parfois tendu entre la direction de NASCAR et certaines équipes. Des messages internes et des témoignages, notamment ceux d’anciens collaborateurs, ont alimenté les allégations d’attitudes pressantes ou hostiles.
Des éléments médiatiques ont montré une polarisation du débat : une lettre publique de Johnny Morris appelant au départ du commissaire Steve Phelps est venue renforcer l’impression d’une crise interne au sommet de la série. Ces révélations ont contribué à la perception d’un besoin de réforme de la gouvernance.
L’exposition publique de ces tensions a sans doute joué un rôle dans la pression qui a mené à la négociation d’un règlement. Même si l’accord met un terme au litige, la nature des communications révélées pourrait alimenter de futures demandes de transparence ou des réformes de gouvernance.
Réactions de l’industrie et messages des protagonistes
La résolution a été accueillie par des réactions positives parmi les propriétaires et dirigeants. Des figures comme Rick Hendrick et Roger Penske ont salué l’accord comme créateur de stabilité pour la série, le qualifiant de « landmark moment » visant à renforcer la confiance et la croissance du sport.
Côté plaignants, Michael Jordan a réagi de façon concise et symbolique : « Today’s a good day ». Il a précisé que le procès « was about progress » et qu’il s’agissait de garantir une gouvernance permettant d’investir et de croître au sein de NASCAR, message qui résonne auprès d’investisseurs et partenaires potentiels.
Le juge Bell a lui aussi salué l’issue en cour en estimant que l’accord était bénéfique pour l’avenir de NASCAR. Ces paroles publiques servent à rassurer les sponsors, diffuseurs et investisseurs sur la stabilité future du championnat.
Points laissés en suspens et éléments à surveiller
Malgré l’annonce, plusieurs points cruciaux demeurent non détaillés publiquement. L’une des principales incertitudes concerne les modalités exactes de l’amendement , notamment qui doit l’approuver et selon quelles procédures internes ces changements seront validés.
De même, la manière dont seront partagés les revenus issus de nouveaux contrats médias (notamment internationaux) ou de l’utilisation de la propriété intellectuelle n’a pas été précisée. Le pourcentage effectif de partage et les mécanismes de gouvernance associés seront déterminants pour mesurer l’impact économique à moyen et long terme.
Enfin, le fait que les clauses financières soient scellées limite l’analyse externe de l’équité du règlement. Les observateurs devront surveiller les prochaines étapes : signature des amendements par les titulaires, communications officielles supplémentaires et effets concrets sur la valeur des équipes.
En conclusion, l’accord du 11 décembre 2025 met fin à un affrontement juridique majeur et instaure le concept de chartes permanentes au sein de NASCAR, avec pour ambition de stabiliser la série et d’encourager l’investissement. Les déclarations publiques , de Michael Jordan, des propriétaires et du juge Kenneth Bell , montrent un soulagement général et une volonté de tourner la page.
Pourtant, l’absence de détails sur les modalités financières et de gouvernance laisse plusieurs questions ouvertes. Les prochains mois seront cruciaux pour vérifier si les « chartes evergreen » tiennent leurs promesses : transparence, partage équitable des revenus et renforcement durable de la compétitivité et de la valeur des équipes.
